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Politique : l’art de naviguer sans boussole ?
Politique : l’art de naviguer sans boussole ?
On rencontre souvent ici des postures politiques qui, à première vue, échappent à toute logique. Mais peut-être est-ce simplement parce que nous ne sommes que de modestes néophytes, profanes du génie stratégique de ceux qui parlent fort pour ne rien dire et s’agitent pour n’aller nulle part.
Prenons un exemple simple : si je ne reconnais pas un projet de Constitution, au point d’en réclamer une reprise intégrale, pourquoi donc me troublerais-je de la nomination d’une directrice en charge des élections… fondées sur ce même projet que je vomis ? Mieux encore, pourquoi m’émouvoir d’un processus électoral auquel j’ai juré, la main sur le cœur (ou sur la posture du moment), de ne pas participer ?
Et ce n’est pas fini. Voilà que, depuis le 31 décembre 2024, je clame à qui veut l’entendre que je ne reconnais plus le régime de transition. Je ne reconnais ni leur pouvoir, ni leurs textes, ni leurs intentions. Bref, je ne reconnais rien, sauf moi-même dans le miroir de mes contradictions.
Mais alors, pourquoi m’indigner quand ce même régime que je considère illégitime, illégal, illusoire, dictatorial nomme des gens à des postes pour gérer un calendrier électoral dont je conteste à la fois le principe et l’issue ? Quelque part, il y a un fil qui s’est rompu. Un fil logique. Un fil de cohérence. Ou alors, il n’y en avait pas du tout. Juste une girouette déguisée en boussole idéologique, qui pivote au gré des vents dominants, des buzz du jour et des calculs à courte vue.
Dans ces conditions, comment prétendre à la conquête du pouvoir d’État ? Avec quels moyens, quelle vision, quels alliés, quel récit ? Peut-être que la stratégie est si subtile qu’elle échappe au commun des mortels. Peut-être sommes-nous tout simplement trop ignorants pour comprendre ce grand plan cosmique d’errance contrôlée.
Qu’on nous excuse donc si, pour l’instant, tout cela ressemble à une improvisation permanente, et pas à une partition politique bien orchestrée.
Mais patience. Si ça se trouve, cette incohérence est un chef-d’œuvre qui s’ignore, un coup de génie mal emballé. Nous n’avons sans doute rien perdu… sauf le fil. Attendons donc la suite. Qui sait, peut-être serons-nous bientôt émerveillés. Ou abasourdis. À ce niveau, c’est souvent la même chose.
PAR CONAKRYLEMAG.COM
— conakrylemag
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