Taliby Dabo : du RPG-AEC à corrompu de Bonsaï – la classe politique guinéenne vendue au CNRD
Récent soufflé médiatique oblige, Taliby Dabo, ancien membre suspendu du RPG–Arc‑en‑Ciel, a lâché cette bombe : « Le RPG‑AEC n’existe même pas… si le ministère de l’Administration du Territoire veut nous faire tomber, c’est possible ». Une déclaration glaçante, qui dévoile à la fois sa double loyauté et celle d’une catégorie d’opportunistes prêts à tout pour plaire à la junte.
L’hypocrisie à visage découvert
C’est tout de même paradoxal. Cet ancien grand parleur du RPG‑AEC, hier acerbe envers la junte, se présente désormais en éternel favori de l’ombre. Un mirage politique, un Daniel de la situation, prêt à dégainer l’excuse toujours commode : « ce n’est pas moi, c’est le ministre qui décide ». Comme si la seule légitimité importante venait du CNRD.
Une pirouette cynique : passer d’un parti puissant à un pupitre reptilien, en clamant la liberté… que l’on s’échine à dénier aux autres. M. Dabo incarne le retournement de veste déguisé en réalisme politique — trahissant tout à la fois sa parole d’hier et sa dignité d’aujourd’hui.
Un symbole d’une classe politique vendue
Taliby Dabo ne joue pas seul. Il représente une fraction corrosive de la classe politique guinéenne, prête à tout troquer : investiture, honneur, convictions contre un modeste ticket vers la reconnaissance par le régime. D’ailleurs, qu’importe le nom sous lequel on se présente ? RPG‑AEC, Model, BSP, chaque sigle se vide de sens.
Cette caste se moque bien de l’enjeu national. L’essentiel, pour elle, est de naviguer entre les postes, les ministères, les strapontins, quitte à flatter le CNRD, à sacrifier ses camarades, et à avilir la fonction publique.
Taliby danse sur un champ de ruines idéologiques
Ce n’est plus la politique au service du peuple. C’est le peuple servi au rythme d’un solo de Taliby Dabo devant le CNRD. En affirmant : “si le MATD veut, on tombe” il reconnaît un système où le ministre, non élu, devenu une autorité de fait, peut liquider un parti.
C’est la fin d’une parole politique, le triomphe de la servilité. Et la preuve que, quand la peur dicte la posture, la dignité devient jetable.
Leçon guinéenne : la rhétorique vide ne suffit plus
Sous leurs costumes de sénateurs, certains accélèrent vers l’humiliation :
- Ils ont signé des communiqués mous sur les arrestations arbitraires.
- Ils ont applaudi des referendums verrouillés.
- Ils ont loué les subventions en échange d’une obéissance de façade.
Taliby Dabo n’est que l’ombre la plus visible de ce mouvement. Il incarne la capitulation réfléchie, le calcul froid : “je me tais, je m’intègre, je gravite”.
Et maintenant ?
Il n’existera pas de retour si la classe politique continue de céder aux sirènes du CNRD. Si ceux-là mêmes qui promettent la reprise du pays se vautrent dans l’opportunisme, on n’a plus affaire à une transition, mais à un retour en règle de l’ancien régime version métamorphosée.
La vraie tragédie, c’est que ces personnages n’ont été ni élus, ni plébiscités. Ils vendent la Guinée sans mandat : ni moral, ni démocratique, ni populaire. Nos institutions fondent quand nos leaders choisissent le négoce au lieu du combat.
— conakrylemag




