L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), confrontée à la suspension administrative de son congrès initialement prévu le 6 juillet 2025 par le ministère de l’Administration du Territoire, a adopté un plan « B » pour reconduire à sa tête son leader historique, Cellou Dalein Diallo.
En réponse au blocage officiel, le parti mise désormais sur un mécanisme interne de renouvellement du mandat par ses différentes instances, notamment les fédérations africaines et les membres du Bureau exécutif, qui sont invités à voter « solennellement » en faveur de la reconduction de Cellou Dalein Diallo pour cinq années supplémentaires.
Cette procédure de renouvellement, actée au travers de mémos signés par les fédérations et d’un document interne circulant en ce moment parmi les membres du Bureau exécutif, confère également à Cellou Dalein Diallo un mandat élargi pour procéder aux renouvellements des structures nationales de l’UFDG. Ce dispositif illustre la volonté ferme du parti de poursuivre son fonctionnement et de consolider sa direction malgré l’interférence des autorités guinéennes, notamment le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, qui bloque formellement l’organisation du congrès.
Sur le plan juridique et statutaire, cette démarche suscite toutefois des interrogations quant à sa conformité aux statuts de l’UFDG qui prévoient normalement la tenue régulière des congrès pour valider les mandats des dirigeants et élire les instances. Selon des documents judiciaires et des déclarations de Cellou Dalein Diallo, l’UFDG affirme être « juridiquement fondée » à organiser son congrès, en invoquant notamment le jugement n°235 du 23 mai 2025 du Tribunal de Première Instance de Dixinn qui autorise la tenue de ce congrès. Or, la suspension administrative en cours est dénoncée comme illégale par la direction du parti.
Les leaders de l’UFDG justifient ce plan B comme une mesure de sauvegarde face à une manœuvre politique visant à affaiblir un parti d’opposition clé. Elle permet à la fois de contourner les obstacles posés par le pouvoir de transition et d’affirmer la continuité ainsi que l’autorité politique de Cellou Dalein Diallo, qui, malgré plusieurs tentatives de mises à l’écart (notamment en raison d’un refus administratif de son enrôlement électoral en 2025), demeure la figure centrale du parti.
En résumé :
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L’UFDG a vu son congrès suspendu par le Ministère de l’Administration territoriale, apparemment sur pression politique.
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En réaction, le parti a initié un mécanisme alternatif pour prolonger la présidence de Cellou Dalein Diallo par un vote solennel des fédérations et du Bureau exécutif.
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Ce processus vise à garantir la continuité de la direction et à renouveler les instances du parti malgré l’interdiction.
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La légalité de ce mécanisme est défendue par le parti, s’appuyant sur une décision judiciaire favorable à l’organisation du congrès.
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Cette stratégie illustre un bras de fer politique entre le pouvoir et l’opposition, avec des enjeux importants pour la scène politique guinéenne à quelques mois de l’élection présidentielle.
Le débat reste ouvert quant à la conformité stricte du plan B par rapport aux textes statutaires internes, mais il traduit avant tout la résistance d’un parti structuré face à des interférences jugées politiques. Cela souligne aussi la complexité du climat démocratique guinéen actuel où les acteurs politiques doivent innover au-delà des cadres officiels pour préserver leurs symboles et leurs fonctions.
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