
Urgence Humanitaire : L’Épouse de Mandian Sidibé Lance un Appel Éploré au Président Guinéen
Depuis Paris, où elle réside, Laouratou Bah, l’épouse de Mandian Sidibé, ancien Directeur Général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), a adressé une lettre ouverte poignante au président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Datée du 5 août 2025, cette missive fait suite à la dégradation alarmante de l’état de santé de son mari, atteint d’un cancer de la prostate, et actuellement hospitalisé à l’Hôpital National Ignace Deen à Conakry. Dans un contexte où Mandian Sidibé est en détention préventive depuis le 31 décembre 2024 dans une affaire de détournement présumé de fonds publics, son épouse plaide pour une évacuation médicale urgente, tout en démentant avec force les accusations portées contre lui. Cet article explore les détails de cette situation dramatique, les demandes de Laouratou Bah, et les implications pour la justice et l’humanité en Guinée.
Une santé en péril dans un contexte judiciaire
Mandian Sidibé, figure connue dans le paysage médiatique et administratif guinéen, est confronté à une double épreuve : une détention préventive initiée fin 2024 dans le cadre d’une enquête pour détournement présumé de 78 milliards de francs guinéens, et une bataille contre un cancer de la prostate diagnostiqué depuis plusieurs mois. Selon la lettre de son épouse, son état s’est aggravé au point de nécessiter une intervention chirurgicale d’urgence le 17 juillet 2025 à l’Hôpital Ignace Deen. Cette opération, loin d’améliorer sa condition, aurait exacerbé ses souffrances, le laissant dans un état critique marqué par des complications graves, notamment des difficultés mictionnelles sévères.
Les médecins locaux, cités dans la lettre, estiment que son taux de PSA – un indicateur clé du cancer de la prostate – atteint un niveau alarmant, rendant indispensable une prise en charge dans une structure spécialisée à l’étranger. Hospitalisé depuis le 17 janvier 2025, Sidibé dépend aujourd’hui du soutien financier de proches et d’amis pour couvrir des frais médicaux quotidiens de 300 000 francs guinéens, une situation rendue encore plus précaire par la suspension de ses revenus.
Un appel à la clémence et à l’humanité
Dans sa lettre, Laouratou Bah s’adresse directement au président Doumbouya, saluant son engagement pour une justice équitable tout en évitant toute ingérence dans la procédure judiciaire en cours. Elle ne demande pas une remise en cause des charges, mais une intervention humanitaire pour sauver la vie de son mari. Elle propose que le président mandate un examen médical par des spécialistes de son choix pour confirmer la gravité de l’état de santé de Sidibé, avant d’autoriser son évacuation vers un centre mieux équipé.
Parallèlement, elle sollicite un placement sous contrôle judiciaire, en attendant que l’évacuation soit organisée, arguant que cette mesure permettrait à son mari de suivre ses traitements tout en restant disponible pour les convocations judiciaires. Cet appel, empreint de désespoir mais aussi de respect pour les institutions, met en lumière une tension entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux à la santé.
Un démenti ferme des accusations
Au-delà de l’urgence médicale, Laouratou Bah profite de sa lettre pour laver l’honneur de son mari, accusé d’avoir impliqué le président ou sa famille dans l’affaire. Elle affirme avec force que Mandian Sidibé n’a jamais prononcé de propos diffamatoires à l’encontre du chef de l’État, défiant quiconque de prouver le contraire. Elle impute ces allégations à des « blogueurs manipulés » et à des personnes de mauvaise foi, suggérant une campagne de dénigrement orchestrée pour ternir la réputation de son époux.
Cette défense s’accompagne d’une reconnaissance des bienfaits passés attribués à Doumbouya, renforçant l’idée que la famille Sidibé reste loyale envers le président. Elle s’engage également à ce que, en cas d’évacuation, Mandian Sidibé revienne en Guinée pour se défendre devant la justice et révéler des « choses » qui pourraient éclaircir l’affaire, laissant planer un mystère sur d’éventuelles révélations.
Un débat sur l’humanité dans la justice
La situation de Mandian Sidibé soulève des questions cruciales sur la gestion des détenus malades en Guinée. Son épouse rappelle que d’autres prévenus dans des affaires similaires ont bénéficié de mesures exceptionnelles pour des raisons de santé, posant la question de l’équité dans le traitement des cas. Cet appel intervient dans un contexte où la société civile guinéenne, à travers des voix relayées sur les réseaux sociaux, a déjà exprimé des inquiétudes sur les conditions de détention et l’accès aux soins pour les prisonniers.
La lettre de Laouratou Bah, écrite depuis Paris, ajoute une dimension internationale à cette affaire. En s’adressant au président depuis l’étranger, elle semble chercher un soutien au-delà des frontières guinéennes, peut-être en s’appuyant sur des contacts ou des ONG internationales spécialisées dans les droits humains. Cela pourrait amplifier la pression sur les autorités guinéennes pour répondre favorablement.
Perspectives et espoirs
Pour l’heure, la réponse du président Doumbouya reste attendue. Si cet appel est entendu, il pourrait marquer un geste d’humanité notable, renforçant l’image d’un leader attentif aux droits des citoyens, même en détention. À l’inverse, un refus pourrait alimenter les critiques sur la rigueur excessive de la justice transitionnelle en Guinée, déjà sous surveillance après le coup d’État de 2021.
Pour la famille Sidibé, l’enjeu est de taille : sauver une vie tout en préservant une réputation. La promesse de Mandian Sidibé de s’expliquer devant les juges, s’il survit, laisse entrevoir un dénouement judiciaire qui pourrait avoir des répercussions politiques et sociales. Dans ce drame humain, la balle est désormais dans le camp du président, dont la décision pourrait redéfinir les priorités entre justice et compassion.
L’histoire de Mandian Sidibé, entre maladie et procès, continue d’évoluer, captant l’attention d’une nation qui observe avec anxiété les choix de ses dirigeants face à une telle épreuve.
— conakrylemag




