La corruption existe donc bel et bien et la dénoncer avec vigueur est certainement un des meilleurs moyens pour la combattre.
S’il est actuellement un mot qui court sur toutes les lèvres en Guinée depuis le limogeage de deux directeurs généraux (OGP et OGC), c’est bien «la corruption». On le décline sous tous les tons, dans toutes les langues, à tous les âges etc. On lui a même trouvé plein de synonymes.
Il semble être un élément incontournable du quotidien. Il y en a même qui n’hésitent pas à soutenir que tout n’est que corruption, oubliant que si tel était le cas, eux-mêmes qui dénoncent le fait sont de fait des corrompus ou à tout le moins des corrupteurs.
Pourtant ils se disent blancs comme neige et vous pendraient haut et court si vous aviez le culot d’en douter.
C’est donc dire qu’on force quelque peu sur le tableau, ce qui ne veut pas dire que le phénomène n’existe pas. Bien au contraire !
La corruption existe donc bel et bien et la dénoncer avec vigueur est certainement un des meilleurs moyens pour la combattre. Le travers serait d’inculquer dans l’esprit des gens que tout est pourri ; ce qui pourrait être contre-productif puisque susceptible de pousser certains à ne pas vouloir être le dindon de la farce donc à s’y adonner.
La réalité sur le fait est changeante et il serait impossible de mettre tout le monde d’accord sur son degré de pénétration dans la société.
Cessons de nous faire inutilement peur et de nous auto-flageller à longueur de journée. Il ne faudrait pas lâcher la proie pour l’ombre. Le devoir de vigilance incombe à tous.
Cela suppose qu’on veuille bien appeler un chat un chat et de le reconnaître dans toutes ses dimensions. Il serait irresponsable d’appeler un chat, un mouton et de lui servir de l’herbe.
Nous sommes certainement moins mauvais que nous ne le pensons, même s’il est certain que nous ne sommes pas les meilleurs.
Abdoulaye Sankara
— conakrylemag




