A Conakry et à l’intérieur du pays, ils prouvent tous les jours qu’ils sont capables du pire.
Des policiers guinéens le 14 janvier 2020 à Conakry. CELLOU BINANI / AFP
Des policiers guinéens le 14 janvier 2020 à Conakry. CELLOU BINANI / AFP

A Conakry et à l’intérieur du pays, ils prouvent tous les jours qu’ils sont capables du pire.

A l’origine un accident de la circulation. Comme à Sangardo autrefois. A Kiria, les citoyens ont vengé la mort d’un élève. Ils en ont fait dans l’excès. Ce n’est peut-être pas de leur avis. Puisqu’ils restent convaincus que l’élève tué est irremplaçable dans sa famille et dans sa communauté.

On ne peut pas ne pas comprendre cette réalité. On ne peut pas non plus, ne pas accepter le fait qu’ils considèrent leur colère légitime. Personne ne pouvait les blâmer au départ.

Les autorités de Coyah ont manqué de courage. Elles ont laissé une situation prendre des proportions difficiles à maîtriser. C’est au moins des investissements de guinéens qui ont été détruits. Des biens privés réduits en débris. Parce qu’une société qui s’est rendue responsable du premier acte répréhensible n’a pas été inquiétée.

Les citoyens ont eu le même sentiment que des jeunes de Kouroussa qui sont allés sortir de prison des accusés de crime pour les lyncher. Les guinéens préfèrent se rendre justice encore à certains endroits malheureusement.

Un enfant a été tué, aucune arrestation. Il a fallu que deux camions soient brûlés pour qu’on procède à des interpellations dans le village. Quel message a-t-on voulu donner ? Les engins roulants représentent-ils une si-grande richesse comparativement à l’élève tué ?

C’est vrai aussi que des maisons de citoyens ont été brûlées par des citoyens en colère selon les informations. Ceci est aussi un drame. La préfecture de Coyah décide alors de sécuriser le village secoué par des actes violents. Une décision responsable, dirait-on.

Qui n’aurait pas cru que les gendarmes (puisque ce sont eux qui sont cités), aient le courage de vider les boutiques de leurs contenus ? Qui n’auraient pas cru qu’ils seraient capables de graves exactions ?

Et bien aucune surprise. Ce sont d’innocentes personnes qui font les frais de cet accident mortel, ainsi que des réactions qu’il a provoqué au sein de la communauté de Kiria. Nos agents de maintien d’ordre ne font pas assez d’efforts pour paraître aimables. Ils ne devraient pour aucune raison causer du tort à un ensemble de citoyens lorsqu’ils sont désignés pour les opérations de maintien d’ordre. C’est le souhait. A Conakry et à l’intérieur du pays, ils prouvent tous les jours qu’ils sont capables du pire.

C’est aussi le fait de l’appareil judiciaire qui ne rassure pas. Le procureur de Coyah attend d’être saisi. Il ne peut pas prendre d’initiative de la poursuite. Il ne peut pas se bouger. Il reste à sa place habituelle en attendant qu’un citoyen s’offre les moyens et le temps de rédiger une plainte contre un industriel qui malgré tout ne sera pas inquiété.

Comme Vale BSGR à Zogota, la Soguipah à Saoro et la SAG à Kintinian. Tout finit par la signature d’accords vides de sens entre ceux qui sont restés en vie et les entreprises avec la bénédiction de l’Etat. Les morts sont oubliés, piétinés, aucune enquête ne suit pour identifier les auteurs de crimes. Aucune sanction n’est envisagée.

Notre propre Etat protège les industriels et crache sur les citoyens souvent brimés. Alors pour Kiria dans Coyah, justice pour toutes les victimes. Justice pour cet élève renversé par un camion de CIMAF.

 

La plume à Jacques

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