AUTOPSIE D'UNE "AUTOPSIE" Soyons sérieux DR Souleymane !
Souleymane Thianguel
Souleymane Thianguel

AUTOPSIE D’UNE “AUTOPSIE” Soyons sérieux DR Souleymane !

Je vous propose l’autopsie de mon “autopsie” de l’interview d’Alpha Condé. Par un certain Gill Branton, que j’ai eu de plaisir à lire, même si nous défendons deux points de vue différents. Bonne lecture!

 

AUTOPSIE D’UNE “AUTOPSIE” Soyons sérieux DR Souleymane !

Juste une question simple pour commencer : est-ce que dire à un vieil homme de 80 ans, avec 40 ans d’opposition, près de 8 ans de pouvoir (dont 2 ans et demi de prison !), qu’il est “inusable” peut être pris au sens propre ? Souleymane Thianguel, il s’agit bel et bien d’une anti phrase. Alpha Condé, à son âge, ne saurait être “insusable”, bien au contraire.

 

Cet aspect de la question était d’autant plus facile à comprendre que le même journaliste a obligé avec tact le président à donner son point de vue (étant donné que cela expose l’interviewé au jugement des téléspectateurs qui ne l’avaient jamais entendu sur ces sujets) sur la grève des enseignants, sur la pagaille à la Cour constitutionnelle dans laquelle son attitude n’est pas étrangère en dépit de ce qu’il a dit (le journaliste lui rappelle même qu’il a signé un décret prenant acte d’une procédure contestée) et sur la mise concession du port conventionnel du PAC.

 

Évidemment, si l’on se place du point de vue de l’opposant qu’est manifestement DR Diallo, tout cela peut paraître lisse. Trop lisse. Mais qu’importe, seul le résultat compte, et Alpha Condé a parlé aussi bien à ses laudateurs qu’à ses adversaires.

 

Le minimum (c’est facile de donner un point de vue, décalé et indéniablement partial) est de reconnaître qu’avec un client aussi difficile qu’Alpha Condé, qui venait de pourrir sciemment une interview avec les confrères de TV5, RFI et le Monde, la presse “locale” est parvenue à ses fins. Intelligemment.

 

A tous ceux qui pensent que les “journalistes intimidés” ont fait de la com (ce qui est totalement FAUX !) la question la plus subtile est celle-là : fallait-il prendre le risque de bloquer bêtement un entretien de ce niveau pour faire plaisir à tous ces bien pensants (En fait avec une position d’opposition clairement affichée, ce qui est tout à fait leur droit !) qui semblent perdre de vue que parler, c’est aussi exposer sa bonne ou sa mauvaise foi ? Conseillez aux journalistes de couper la parole à Alpha Condé pendant que nous y sommes !

 

Seulement, dans ce cas, on ne saura jamais ce qu’il pense. Est-ce que Souleymane Thianguel aurait pu analyser les réponses du PRG si ce dernier ne les avaient pas données publiquement ? Il faut être un peu sérieux et voir les choses de manière impartiale, sans se laisser influencer par ses propres frustrations, ses ressentiments, fussent-ils légitimes, nourris à l’endroit de l’adversaire politique aujourd’hui au pouvoir.

 

Il est tout à fait injuste, et de courte vue, d’affirmer que les relances d’un des journalistes présents sur le plateau (sur la procédure appliquée dans le cas de la Cour constitutionnelle et sur l’absence d’appel d’offres dans le cas de la concession d’Albayrak) n’étaient pas judicieuses. Aucun journaliste qui avait à coeur de poursuivre l’interview n’aurait pu faire mieux. Aucun.

 

Soit dit en passant, et tous les grands journalistes télé le savent et utilisent la même technique, faire des hôchements de tête, quand on a un client difficile en face, n’est pas forcément approuver ce que l’interviewé dit : c’est la meilleure manière de lui faire baisser la garde en lui faisant croire qu’il est convaincant (étant donné qu’il peut l’être ou pas du tout!). DR Souleymane le sait, mais il refuse de le reconnaître. Sur la question de Mafering Camara, qui a plutôt été très professionnelle en ne cédant pas à la provocation manifeste de l’interviewé (car le PRG a bien dit avec les confrères français qui ont complètement raté leur interview parce qu’ils ont justement “suivi les conseils” de Souley (C’est tout comme !), le PRG disais-je, a bien dit que 80% des Guinéens sont analphabètes et qu’il va s’adresser à eux “dans leur langue” !).

 

Mafering a réussi à garder son calme en reformulant sa question qui a obligé l’interviewé à lui répondre. Un sourire peut être narquois…
Il y a aussi que notre brillant analyste que tout le monde applaudit à tout rompre passe sous silence la question pertinente de l’animateur principal posée à la fin de l’interview brocardant clairement l’Etat guinéen pour son manque d’autorité !

 

Maintenant, sur la manière même dont l’interview a été menée, il est évident que les 4 journalistes ont choisi de laisser le PRG parler pour le mettre en confiance pour pouvoir aborder, par le plus expérimenté d’entre eux, les questions cruciales. Le couper intempestivement aurait provoqué exactement les mêmes conséquences que lors de l’interview des confrères français. Le silence ou la pagaille, est-ce ce que vous souhaitiez ? Evidemment non. Soyons sérieux encore une fois. C’est le b-a-ba de la technique de l’interview, surtout avec un client difficile…

 

La faute professionnelle (et je pèse mes mots) des confrères français qui sont venus avant, c’est d’avoir pris le risque, pour une interview qui allait durer une quarantaine de minutes de tout vérouiller dès la 3ème minute, étant donné qu’ils devaient aussi (Et ça fait partie du métier) gérer la psychologie de leur interlocuteur. Les questions polémiques en fin d’interview : c’est une question de stratégie. Dans bien des cas, si on s’entête à oublier que le public n’a pas besoin d’explications mais de réponses (quelles qu’elles soient car le public est assez intelligent pour juger de l’honnêteté de celui qui parle), on se retrouve bredouille.

 

C’est le cas des amis d’internationales qui ont diffusé une “interview” sans aucun intérêt. Tout monde a remarqué qu’après cette erreur, ils n’ont pas pu en placer une, jusqu’à la fin ! A peine s’ils ne priaient pas pour que cette fichue “interview” (oû ils se retrouvés finalement “interviewés” et défiés sur leurs sources et leur niveau d’information par celui qu’ils étaient censés faire parler) prenne fin !

 

Que les journalistes soient tirés à 4 épingles, personne ne nous dira que l’interview des présidents français, la veille ou le jour du 14 juillet ou celle d’un président américain se fait en haillons ! Là aussi, il faut être sérieux et arrêter de dire ou d’interpréter les choses avec les lunettes bancales d’un opposant à Alpha Condé (ce qui est louable en democratie, mais les journalistes se doivent d’être, s’ils veulent être crédibles, ni opposants, ni partisans) !

 

Intimidés ? Là-aussi il faut être sérieux Souleymane. Aucun journaliste sur le plateau ne l’était et c’est vraiment de la mauvaise foi de prétendre une telle chose. En fait, les lambris ou les “mystères” du pouvoir n’ont ni la même attirance, ni le même reflet chez tout le monde. On confond visiblement tout en voulant que les journalistes transforment le palais présidentiel en ring. Souleymane lui-même, connaît les journalistes qui étaient sur le plateau. Il connaît parfaitement le tempérament de l’un d’entre eux qui n’a pas sa langue dans sa poche. Qu’il soit rassuré que ce tempérament n’a pas varié.

 

Pour finir, cette interview aura au moins permis d’écouter un homme qui voulait garder ses distances en intercalant une… table entre lui et ses invités (franchement!). Nous qui pensions que c’est plutôt Alpha Condé qui était l’invité de l’émission, nous nous sommes peut-être trompés. Pardon DR Souleymane, tu as raison !

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