CRIEF : Quand la « justice » relâche certains et s’acharne sur d’autres

CRIEF : Quand la « justice » relâche certains et s’acharne sur d’autres
Mamadou Djouldé Diallo, ancien directeur général de la Société des Eaux de Guinée (SEG), et son co-prévenu viennent d’être relaxés par la chambre des appels de la CRIEF. Une décision qui, loin d’être anodine, soulève de sérieuses questions sur la cohérence et l’impartialité d’une justice qui se prétend « anti-corruption ».
Comment expliquer que certains ex-dignitaires soient jugés, condamnés et emprisonnés sans ménagement, tandis que d’autres sont relaxés, parfois sans véritable explication convaincante ? Cette affaire illustre une réalité bien connue : la CRIEF est une machine à deux vitesses, où la loi s’applique selon des critères purement politiques.
Une « lutte contre la corruption » à géométrie variable
Depuis sa création, la CRIEF s’est spécialisée dans le ciblage des anciens dignitaires du régime d’Alpha Condé, sous prétexte de moralisation de la gestion publique. Mais, étrangement, toutes les figures ne sont pas logées à la même enseigne.
Certains sont jugés en un temps record, condamnés et embastillés sans grande possibilité de défense. D’autres bénéficient d’une indulgence soudaine et sont relâchés sans explication claire. Aucun cadre influent du régime actuel ne fait l’objet de la moindre enquête sérieuse.
Cette sélectivité judiciaire pose une question cruciale : la CRIEF lutte-t-elle réellement contre la corruption ou se contente-t-elle d’être un instrument de règlement de comptes politique ?
Un tribunal qui protège les puissants du moment
Cette libération prouve une fois de plus que la justice guinéenne fonctionne selon les intérêts du pouvoir en place. Les proches du régime militaire ne sont jamais inquiétés, tandis que les adversaires politiques du CNRD sont traînés dans la boue, arrêtés ou empêchés de participer à la vie publique.
Si Mamadou Djouldé Diallo et son co-prévenu ont été relaxés, c’est peut-être parce qu’ils ne représentent plus une menace pour le régime, ou parce qu’ils ont su jouer les bonnes cartes en coulisses. Pendant ce temps, d’autres ex-ministres, des cadres du RPG et des opposants voient leurs dossiers traîner ou leur détention prolongée.
Une justice crédible ou un outil de manipulation ?
Si la CRIEF veut être prise au sérieux, elle doit prouver qu’elle n’est pas une justice de circonstance. Cela signifie :
- Élargir ses enquêtes aux affaires actuelles sous la transition.
- Garantir l’indépendance des juges face aux pressions du régime.
- Traiter tous les dossiers avec la même rigueur, sans discrimination politique.
Tant que ces conditions ne seront pas réunies, chaque relaxe « surprise » comme celle de Mamadou Djouldé Diallo ne fera que confirmer ce que tout le monde sait déjà : en Guinée, la justice est une question d’alliances, pas de vérité.
— conakrylemag




