Crise autour du CAPA 2021 : Légalité du concours ou malaise dans la formation des avocats ?
Contestation du CAPA 2021 : le Barreau se défend, mais des zones d’ombre demeurent
Crise autour du CAPA 2021 : Légalité du concours ou malaise dans la formation des avocats ?
Contestation du CAPA 2021 : le Barreau se défend, mais des zones d’ombre demeurent
Par Conakrylemag – 23 juillet 2025
Le Barreau de Guinée est monté au créneau pour dénoncer, dans un double communiqué officiel daté du 22 juillet, une « agitation infondée » autour des résultats du concours d’admissibilité à la profession d’avocat (CAPA) de la session 2021. L’institution dénonce les actions d’un « collectif fictif » de candidats recalés, qu’elle accuse d’instrumentaliser l’opinion publique.
Mais au-delà de ce bras de fer, des interrogations légitimes subsistent sur le déroulement des concours, les critères d’évaluation, l’accès à la profession, et la transparence du système judiciaire guinéen.
Ce que dit le Barreau : trois échecs, disqualification définitive
Les contestataires, selon le Barreau, ont déjà échoué à trois reprises en 2016, 2018 et 2021. Le décret D/2008/037 les rend donc inéligibles à toute nouvelle candidature. Le Barreau les accuse d’entretenir une campagne de désinformation, malgré leur disqualification « définitive et irrévocable ».
Mais qui sont réellement ces candidats ? S’expriment-ils au nom d’un groupe plus large ? Ont-ils tenté d’obtenir des recours par voie légale ? Jusqu’ici, aucune interview directe des membres de ce collectif n’a été rendue publique.
Une légalité affirmée, mais quelle transparence réelle ?
Le Barreau affirme que toutes les copies de la session 2021 sont disponibles et consultables sur demande. Il met même au défi les candidats d’autoriser leur publication dans les médias.
Cependant, cette proposition est-elle encadrée par une procédure claire ?
Existe-t-il une commission indépendante de recours ?
Le public a-t-il déjà pu consulter un échantillon de copies corrigées anonymisées, pour en juger la régularité ?
Dans un pays où les accusations de favoritisme ou d’opacité dans les concours publics sont fréquentes, la seule affirmation de la légalité peut ne pas suffire à restaurer la confiance.
Un jury indépendant, mais une organisation opaque ?
Le Barreau rappelle qu’il ne fait que gérer l’aspect logistique du concours, tandis que la correction est assurée par un jury indépendant magistrats du ministère de la Justice et professeurs désignés par le Rectorat.
Mais là encore, quelles sont les garanties d’objectivité ?
Les noms des correcteurs sont-ils publics ? Y a-t-il une grille de notation ?
Des candidats ont-ils accès à leur fiche de correction ou à un avis motivé en cas d’échec ?
La parole aux recalés : des témoignages nécessaires
Pour l’heure, aucune conférence de presse du collectif dit des « victimes du CAPA » n’a été organisée. Aucun membre identifié n’a encore été interrogé officiellement. Cela pose un défi pour les journalistes : comment faire entendre leur version sans cautionner d’éventuelles manœuvres frauduleuses ?
Appel lancé : Conakrylemag invite les membres de ce collectif à témoigner publiquement, dans le respect de la loi, pour éclairer le débat.
L’enjeu : l’accès à une profession en crise ?
Au fond, cette affaire soulève une question plus large : l’accès à la profession d’avocat en Guinée est-il juste et équitable ? Combien de candidats échouent chaque année ? Les critères sont-ils trop sévères, ou la formation en amont trop faible ?
Les concours comme le CAPA sont censés garantir compétence et intégrité. Mais dans un système où les recours sont rares et peu transparents, qui contrôle les contrôleurs ?
En résumé :
- Le Barreau défend la légalité du concours CAPA 2021 et fustige les contestataires.
- Il évoque l’indépendance du jury et la possibilité de consulter les copies.
- Des zones d’ombre subsistent sur la transparence des critères d’évaluation.
- Aucune prise de parole formelle du « collectif » n’a encore été vérifiée par la presse.
- Le débat met en lumière une problématique plus vaste : la sélection des avocats et la qualité du système de formation juridique.


— conakrylemag




