Guinée : Mamadi Doumbouya, « champion de la lutte contre la corruption » ? Une farce signée « Emergence Mag »

Guinée : Mamadi Doumbouya, « champion de la lutte contre la corruption » ? Une farce signée « Emergence Mag »
Il fallait oser. « Emergence Mag » vient de décerner un « prix spécial » au général Mamadi Doumbouya pour son prétendu « combat contre la corruption ». Une récompense qui ressemble à une mauvaise blague, tant la gestion opaque et les pratiques mafieuses du régime militaire éclaboussent chaque jour davantage la transition.
En Guinée, les détournements continuent, l’opacité règne, et la justice est sélective, mais visiblement, cela n’empêche pas certains de tresser des lauriers à un pouvoir qui ne lutte contre la corruption que lorsqu’il s’agit d’éliminer des adversaires politiques.
Un prix pour services rendus… à qui ?
Depuis l’arrivée du CNRD, les scandales financiers ne cessent de s’accumuler :
- Les marchés publics sont attribués sans appel d’offres transparents, dans une gestion clanique et opaque.
- Les proches du régime se remplissent les poches discrètement, pendant que l’économie du pays s’effondre.
- Les anciens dignitaires poursuivis pour corruption sont ceux qui n’ont pas su se rapprocher du pouvoir actuel.
Si Mamadi Doumbouya est un exemple de bonne gouvernance, alors les caïds de la finance mondiale sont des anges vertueux !
Une lutte à géométrie variable
La fameuse « lutte contre la corruption » du CNRD s’est surtout résumée à traquer les anciens barons du régime d’Alpha Condé, tout en fermant les yeux sur les abus commis sous la transition.
- Certains ex-ministres ont été arrêtés et poursuivis, pendant que d’autres, tout aussi impliqués, ont simplement changé de camp et continuent de prospérer sous la junte.
- Les ressources minières sont gérées dans une opacité totale, sans que personne ne sache où va l’argent des concessions signées sous la transition.
- La CRIEF, censée être l’arme judiciaire de la lutte contre l’impunité, fonctionne comme un tribunal politique, utilisé pour éliminer des cibles précises pendant que d’autres continuent leurs affaires sans être inquiétés.
Si la corruption avait réellement reculé sous Doumbouya, le peuple guinéen le sentirait dans son quotidien. Or, que constate-t-on ? Les prix explosent, les infrastructures se dégradent et l’argent public semble disparaître aussi vite qu’il est collecté.
Quand la propagande prend le dessus sur la réalité
Ce prix attribué par « Emergence Mag » n’a rien d’une reconnaissance sérieuse, mais tout d’une mise en scène grossière destinée à fabriquer une image positive du chef de la junte.
On assiste à une classique opération de communication, comme celles que l’on voyait sous les régimes autocratiques d’Afrique, où les dirigeants s’attribuaient eux-mêmes des médailles pour services rendus à la nation.
Mais qui peut encore croire à ce cirque ?
Si Mamadi Doumbouya veut réellement prouver qu’il combat la corruption, qu’il commence par publier les comptes de l’État, ouvrir les marchés publics à une concurrence transparente et garantir une justice indépendante pour tous.
Tant que cela n’arrivera pas, ce prix restera ce qu’il est : une farce grotesque, symbole d’un régime qui préfère la mise en scène à la réalité.
— conakrylemag




