Politique

Kafka à Conakry : Le Labyrinthe Judiciaire de Sékou Jamal Pendessa

Dans les méandres de la justice guinéenne, le cas de Sékou Jamal Pendessa ressemble à un mauvais feuilleton judiciaire, où l’absurde flirte avec l’arbitraire sous les yeux d’une audience médusée. Retour en prison pour Pendessa, après une seconde audition au tribunal de première instance de Dixinn, un acte qui semble presque rituel dans ce théâtre de l’absurde qu’est devenu son procès.

Poursuivi pour sa participation à une manifestation non autorisée et la diffusion de données jugées perturbatrices pour l’ordre public, on pourrait presque se demander si Pendessa n’est pas devenu le bouc émissaire d’un système désireux de montrer ses muscles. L’homme, secrétaire général de la SPPG, fait face à la justice avec le soutien de son « pool d’avocats », une escouade juridique prête à défendre sa cause avec la ferveur d’un prêcheur devant ses fidèles.

La déclaration de Me Faya Gabriel Kamano, relayée avec une pointe d’ironie involontaire, ne manque pas de piquant. L’affirmation selon laquelle « tout s’est bien passé » lors de l’audition, tout en refusant de divulguer les détails « au risque de violer les secrets de l’instruction », frôle le comique de répétition. C’est un peu comme si on nous annonçait que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, pendant que le navire prend l’eau de toutes parts.

L’argument selon lequel « quelqu’un ne peut pas à la fois être auteur et complice d’une infraction » transforme la défense en une sorte de numéro d’équilibriste juridique, où l’on tente de séparer les cheveux en quatre avec une précision d’orfèvre. La comparaison avec le muezzin et l’imam est, quant à elle, une tentative colorée de simplifier un argument juridique qui, dans son essence, révèle l’absurdité d’une situation où l’on peine à démêler le vrai du faux, l’accusé du bourreau.

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L’espoir d’un non-lieu exprimé par les avocats sonne presque comme une prière dans un univers où la logique juridique semble s’entortiller autour d’elle-même, créant un labyrinthe dont la sortie reste étrangement insaisissable. La demande de mise en liberté immédiate, suspendue à la décision insaisissable d’un juge d’instruction, est la cerise sur un gâteau déjà bien indigeste.

En fin de compte, le cas de Sékou Jamal Pendessa n’est pas juste une affaire judiciaire parmi d’autres. C’est le miroir d’un système judiciaire où la logique semble parfois prendre des congés sabbatiques, laissant place à une saga kafkaïenne où les protagonistes naviguent à vue, entre espoir et désillusion. Dans ce récit, la justice guinéenne apparaît non pas comme une déesse aveugle, mais plutôt comme une figure capricieuse, jonglant avec les destins individuels au gré d’un vent que seul elle semble comprendre.

Par Binta Barry pour conakrylemag.com

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