
Boké : Quand les « anciens cadres » de l’UFDG vendent leur loyauté au régime militaire… la trahison devenue vertu politique
Le vent de l’opportunisme souffle fort à Boké ces jours-ci. Sous le prétexte de soutenir « l’œuvre de refondation nationale » orchestrée par le général Mamadi Doumbouya, voilà que des prétendus « anciens cadres » de l’UFDG sortent soudainement de l’ombre pour annoncer avec fierté leur ralliement au président de la transition.
L’hypocrisie en politique n’étonne personne, mais cette fois-ci, elle atteint des sommets rarement égalés. Ces transfuges politiques affichent sans honte leur nouvelle allégeance à un régime qu’ils dénonçaient hier avec virulence. L’opposition est décidément une denrée périssable en Guinée, et certains ont choisi de la consommer avant la date limite de leur dignité.
L’art de changer de veste avec une facilité déconcertante
Ces « anciens cadres », hier encore militants convaincus du parti de Cellou Dalein Diallo, jurant fidélité à la démocratie et au changement, se retrouvent aujourd’hui dans les bras accueillants du CNRD. Leur excuse ? Soutenir le « projet de refondation » du général Doumbouya. Comme si soutenir un régime militaire était désormais synonyme de patriotisme, comme si abandonner ses convictions pouvait passer pour du courage politique.
À Boké, l’allégeance politique semble être devenue une marchandise comme une autre, que l’on peut vendre au plus offrant. Le cynisme de ces retournements laisse perplexe, mais surtout révèle la triste réalité d’un paysage politique où les idéaux comptent bien moins que les privilèges à récolter auprès du nouveau maître.
Trahison ou stratégie politique ?
Ces transfuges tentent désespérément de se justifier. Selon eux, rejoindre le président de la transition est « un choix responsable », un moyen d’« accompagner le progrès ». Mais soyons sérieux : à qui espèrent-ils encore faire croire cela ? Leur conversion subite n’est guidée ni par la conviction, ni par l’intérêt général, mais bien par le désir irrépressible de se rapprocher du pouvoir, avec tout ce qu’il implique de privilèges et d’opportunités.
La stratégie est grossière, le calcul politique évident. On abandonne le navire UFDG, affaibli par les arrestations, les intimidations et les menaces de suspension, pour rejoindre un régime qui n’hésite pas à distribuer récompenses et faveurs à ceux qui acceptent de collaborer à son maintien en place.
La dignité politique en question
En rejoignant officiellement le camp du général Doumbouya, ces anciens cadres de l’UFDG ont fait un choix : celui d’échanger leur dignité contre une place temporaire à la table du pouvoir. Le message est clair pour tous ceux qui croient encore aux principes démocratiques : en Guinée, la loyauté politique ne vaut pas grand-chose face aux sirènes du régime militaire.
Ces conversions soudaines et opportunistes démontrent une nouvelle fois que, dans le contexte actuel, soutenir le pouvoir militaire est devenu pour certains un moyen rapide et facile d’assurer leur survie politique, au détriment des valeurs qu’ils prétendaient défendre.
Le peuple, grand oublié de ces manœuvres
Pendant que les politiciens de Boké marchandent leur ralliement au régime, le peuple, lui, reste spectateur de cette danse macabre où les principes démocratiques sont piétinés sans aucun scrupule. Les habitants de Boké, confrontés à la pauvreté, à l’insécurité et à l’absence totale de perspectives, assistent impuissants à ces jeux politiciens.
Ils voient leurs « représentants » changer de camp sans consulter personne, préoccupés uniquement par leur propre avenir politique, sans jamais considérer l’intérêt collectif. Cette trahison permanente des aspirations populaires est probablement ce qu’il y a de plus triste et de plus révoltant dans cette situation.
Le risque d’un retour de bâton
Mais attention : ceux qui abandonnent leurs principes aujourd’hui devront un jour rendre des comptes à ceux qu’ils prétendent représenter. Le régime qu’ils soutiennent aujourd’hui pourrait bien être celui qui, demain, les jettera au rebus quand ils ne lui seront plus utiles. L’histoire politique guinéenne est remplie d’exemples de ces retournements brutaux, et ces anciens cadres de l’UFDG feraient bien d’en prendre conscience.
La politique sans éthique n’est jamais durable. Aujourd’hui, ces hommes et femmes de Boké pensent peut-être être dans le bon camp, protégés par leur nouvelle proximité avec le pouvoir. Demain, ils pourraient découvrir avec amertume que le pouvoir militaire, une fois confortablement installé, ne garde jamais très longtemps auprès de lui ceux qui lui ont permis d’y accéder.
À Boké, l’UFDG perd peut-être quelques cadres opportunistes. Mais ces derniers perdent quelque chose de bien plus précieux : leur crédibilité, leur honneur, et peut-être même leur avenir politique. Car le peuple, lui, a de la mémoire, et il pardonne rarement ceux qui le trahissent ouvertement pour quelques miettes de pouvoir.
— conakrylemag




