Labé : La HAC éclaire la presse sur la convention collective historique
Une convention attendue depuis l’indépendance
Labé : La HAC éclaire la presse sur la convention collective historique
Labé, 22 juillet 2025 – Une brise fraîche descend des hauteurs du Fouta lorsque le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, prend place dans la salle de conférence de la Maison régionale de la presse de Labé. Face à lui, une trentaine de journalistes, attentifs, blocs-notes en main. Sa mission : expliquer les récentes décisions de la HAC et détailler le contenu de la toute première convention collective de la presse guinéenne, fruit d’années d’attente et de négociations.
Cette rencontre s’inscrit dans une tournée nationale initiée par la HAC pour partager les recommandations issues du Forum sur l’avenir de la presse, tenu à Conakry du 19 au 21 mai 2025. Un événement majeur qui a réuni acteurs des médias, représentants de l’État, et partenaires techniques autour des défis et perspectives du journalisme en Guinée.
Avant la rencontre avec les médias, le président de la HAC a été reçu par le gouverneur de la région administrative de Labé, le Colonel Robert Soumah. Les deux hommes ont échangé sur les enjeux de la régulation médiatique en cette période sensible marquée par la préparation du référendum constitutionnel, prévu dans les prochains mois. Tous deux ont insisté sur la nécessité d’un journalisme libre, mais responsable.
Une convention attendue depuis l’indépendance
Devant les professionnels des médias locaux, le Commissaire Amadou Touré a d’abord donné lecture des recommandations clés issues du forum de mai. Puis, le président Diallo a pris la parole, insistant sur l’importance de la nouvelle convention collective de la presse, véritable tournant dans l’histoire du journalisme guinéen.
« Depuis l’indépendance de notre pays, il n’y a jamais eu de convention collective de la presse. C’est une première historique », a-t-il déclaré avec gravité.
Malgré les désaccords initiaux entre syndicats et patrons de presse, un texte consensuel a finalement vu le jour. Selon lui, tous les acteurs – employeurs et employés – se sont entendus sur les conditions de travail, les droits, les salaires minimaux, et même les avantages sociaux des journalistes.
« À ce jour, il ne reste que la cérémonie de signature. Le document est prêt, validé par les deux parties. C’est une avancée majeure », a ajouté M. Diallo, visiblement satisfait.
Carte professionnelle : une obligation légale
Le président de la HAC a également rappelé une disposition essentielle souvent négligée : l’obligation légale pour tout journaliste en activité de disposer d’une carte professionnelle délivrée par la HAC. Un point qui a suscité de nombreuses interrogations de la part des journalistes présents.
Des questions sur la procédure d’obtention, les délais, ou encore les cas particuliers des pigistes ou correspondants régionaux ont été posées. À chacune, M. Diallo et son équipe ont tenté d’apporter des réponses précises, dans un climat d’écoute et de respect mutuel.
Une presse en mutation
Dans un pays où les médias jouent un rôle central dans la consolidation de la démocratie, la HAC veut redonner à la profession son cadre et sa dignité. Le processus de mise en œuvre de cette convention collective est donc perçu comme un acte fondateur, à la fois juridique, symbolique et politique.
La tournée de la HAC dans les régions se poursuivra dans les prochains jours, avec pour objectif de faire entendre la voix de la régulation, mais aussi d’accompagner les journalistes dans la construction d’un paysage médiatique plus professionnel, plus éthique, et mieux protégé.
— conakrylemag




