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Le Cameroun, pays dirigé par des momies ou quand l’histoire refuse de mourir !
Le conservatoire national du pouvoir
Le Cameroun, pays dirigé par des momies ou quand l’histoire refuse de mourir !
Au Cameroun, l’immortalité n’est pas une légende, c’est un mode de gouvernance. Pendant que les autres pays s’acharnent à renouveler leur classe politique tous les cinq ans, les Camerounais, eux, ont pris de l’avance sur l’éternité. Ils vivent dans un musée à ciel ouvert où les reliques prennent les décisions, signent les décrets et bâillent en pleine réunion ministérielle.
Le conservatoire national du pouvoir
Paul Biya, jeune retraité de la vie… mais pas du pouvoir, est président de la République depuis 1982. Âgé de 92 ans, il cumule 43 ans de règne, ce qui le rend plus vieux que plusieurs pays africains indépendants. On dit même qu’il a connu l’époque où les fax étaient une technologie futuriste. Il ne gouverne plus vraiment, il plane au-dessus du temps, et le Cameroun avec.
À l’Assemblée nationale, trône une autre légende du sarcophage républicain : Cavayé Yéguié Djibril, 85 ans (2ème photo), président de l’Assemblée depuis 1992. Oui, 30 ans de présidence sans interruption, une sorte de Titanic qui ne coule jamais, même s’il prend l’eau à tous les niveaux. Son fauteuil est tellement usé qu’il fait partie du patrimoine historique. Il parle rarement, mais quand il tousse, toute l’Assemblée se lève : respect ou panique ? On ne sait plus.
Et pendant ce temps, dans le département des bizarreries intergénérationnelles, un certain Pierre Henri (3ème photo), 89 ans, vient d’être élu à l’unanimité président du Conseil des… Jeunes de Yaoundé pour un mandat de quatre ans renouvelable. Oui, vous avez bien lu. Président du Conseil des Jeunes. À ce rythme, il risque de devenir doyen du prochain camp scout, avec badge et canne intégrée.
Mais ce n’est pas fini. Dans les coulisses du Sénat, Marcel Niat Njifenji, 90 ans bien sonnés, préside depuis 2013 comme s’il s’agissait d’un club de boulistes centenaires. Il est même le numéro deux de l’État, au cas où l’autre momie éternelle aurait un pépin technique. C’est une gouvernance pensée pour traverser le temps, pas pour répondre à une urgence.
Un peuple anesthésié ou complice ?
Et la jeunesse, dans tout ça ? Elle regarde, sirote quelques caisses de bière, applaudit parfois, se dit qu’au fond, ces anciens doivent bien savoir ce qu’ils font. Le pays est devenu un vaste centre de soins palliatifs pour vieilles ambitions, où chaque mandat est une prolongation médicale. Pendant que d’autres nations s’efforcent de rajeunir leur élite, le Cameroun, lui, applique la politique du formol : on conserve ce qu’on connaît, même si ça sent un peu le moisi.
La passivité ambiante est à la hauteur du ridicule, ainsi on organise des congrès pour féliciter un président de 92 ans d’avoir « encore toute sa tête » après plus de 40 ans de règne. On applaudit un vieillard élu à la tête des jeunes comme s’il venait de remporter un concours de slam. Le Cameroun est devenu le seul pays où les responsabilités se transmettent non pas aux plus compétents, mais aux plus résistants à la décomposition.
Le jour où le Cameroun changera… les pyramides trembleront
Le Cameroun n’a plus besoin d’un réveil, mais d’une exhumation citoyenne. Ce n’est plus une question de politique, c’est une urgence archéologique. À ce rythme, il faudra bientôt des archéologues pour décrypter les discours présidentiels, tant ils semblent sortis d’un autre millénaire.
Mais soyons positifs : au moins, si les extraterrestres débarquent demain, ils sauront qu’ici, l’histoire ne meurt jamais. Elle gouverne.
Je suis Panafricain !
Je viens en Panafricain !
Je repars en Panafricain !
PAR CONAKRYLEMAG.COM
— conakrylemag
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