Jacques Lewa Lenoh

Le péché guinéen, c’est de continuer à croire qu’il y a quelqu’un dans un palais qui doit tout faire.

Le péché guinéen, c’est de continuer à croire qu’il y a quelqu’un dans un palais qui doit tout faire. Et dans l’ensemble presque, nous pensons que c’est normal. Rien ne semble nous encourager à jouer notre rôle de citoyen pour changer le pays.

Nos mentalités sont faites de paresse et de démission collective. Tous les jours et à toutes les occasions, nos yeux sont rivés sur l’Etat, le dieu guinéen qui apporte grâce et bénédiction. Tous les jours et à toutes les occasions, nous prenons pour responsable de nos malheurs, un pouvoir qui compte des responsables nés guinéens et malheureusement qui ont la même mentalité que nous. Ce péché est grand, et on n’attend pas la mort pour en payer le prix.

Le combat pour la citoyenneté a échoué depuis longtemps. Et ce n’est pas le fait d’un organe exécutif qui gère le pays. Le guinéen, n’aime pas l’ordre. Il n’aime pas respecter la loi. Pour rendre notre capitale propre, quelques efforts ont été faits, par l’Etat. Mais nous voulons que le Président de la République vienne ramasser les ordures chez nous.

Et même lorsqu’il pleut et de ces moments opportuns, nous nous mettons à remplir nos caniveaux de déchets, nous prenons le même Etat pour responsable. Ceci est aussi un péché.
Dans la circulation, personne ne veut respecter l’ordre. L’anarchie et l’indiscipline partent de ceux qui sont au volant.

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Lorsque de par nos comportements immoraux nous finissons par provoquer un énorme embouteillage, nous accusons les policiers. Un d’entre nous, n’aurait pas hésité à donner la mort à un agent pour prouver son manque d’éducation. Mais là également, nous voulons dire que c’est l’Etat qui lui dit de tuer. L’ordre ne nous ressemble pas. La loi, nous ne la respectons pas. Toutes les infractions que nous commettons au quotidien, pour lesquelles les policiers ne prennent pas toutes les sanctions, sont la conséquence de notre amour pour le désordre. C’est un péché.

La corruption, c’est nous qui l’entretenons. A toutes les échelles. La petite corruption qui commence par demander des faveurs à ceux d’entre nous qui exercent une parcelle du pouvoir public. Nous prenons avec beaucoup de courage, la décision d’acheter une note, un emploi, un poste.

Lorsque ça marche nous sommes contents. Lorsque les autres procèdent de la même manière pour s’offrir une faveur, ils deviennent à nos yeux, ceux qui sont responsables du retard de la Guinée. Et lorsqu’on veut sanctionner les faits de corruption qu’on reproche à un de nos proches, nous crions au complot. C’est un péché.

C’est un péché de croiser les bras. De ne rien faire de sa vie et d’accuser l’Etat de n’avoir pas crée d’emplois. Et certains d’entre nous, peut-être qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils se mentent, disent qu’il n’y a pas de travail dans le pays. Il y a beaucoup de travail. Il n’y a que du travail d’ailleurs.

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Nous continuons honteusement de garder notre mentalité d’enfants gâtés qui attendent qu’après nos formations nous soyons postés dans l’administration. Nous sommes malins. Nous sommes pécheurs contre l’Etat que nous devrions aider à changer. Si nous ne changeons pas, l’Etat demeurera ainsi. Parce que l’Etat c’est nous.

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