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Les vérités qui fâchent : Il n’y a pas de petite injustice.

De la haine ? De la jalousie ? De la religion ? De la stigmatisation tout simplement ?

Les vérités qui fâchent : Il n’y a pas de petite injustice.
La violence sur un noir aux USA, en Océanie, en Asie ou en Europe provoque naturellement un sentiment de tristesse, de rage et suscite en nous un regain de vengeance.
Mais dites-moi bonnes gens : chaque jour combien d’entre-nous noirs s’entretuons sur des bases ethniques ? Sous le prétexte de la supériorité ? De la haine ? De la jalousie ? De la religion ? De la stigmatisation tout simplement ?

En Guinée, combien disent ou pensent en cachette :
– Fodé est de tel village, il ne peut pas diriger les gens de notre communauté ;
– Lansinè est un Malinké, même s’il parle notre langue, il ne peut pas être maire ici ;
– Dites à Marly que jamais une femme ne m’a commandé dans l’administration publique et elle ne sera pas une exception ;
– Joséphine sort avec un Gabonais, un Ivoirien, un Léonais,… Il n y a que les filles légères qui attirent les Etrangers ;
– Yéro vient de la Moyenne Guinée, jamais il ne sera propriétaire d’un lopin de terre en Basse Guinée ;
– Ténin n’est qu’une femme, elle ne peut pas vouloir commander notre fils et encore moins prendre la parole en public. Jamais !
– Donc comme-ça c’est l’enfant de Djouma, celui que tout le quartier a nourrit ici qui veut devenir conseiller ? Ça sera seulement possible quand nous allons tous mourir !

Tamba est l’aîné de notre clan, il ne peut pas épouser une étrangère et de surcroît une musulmane/chrétienne… ;
– C’est pas la même Kadi là ? Elle qui pourchassait les sauterelles pieds nus ici, qui jouait à saute-mouton, elle qui n’a pas fini de grandir peut donner quel cours d’appui aux enfants ici ? Pas question !

  • Dans le Gouvernement, notre région n’est pas représentée, on a ignoré notre communauté. On vous attend aux prochaines élections ;
  • Tant qu’on ne va pas confié la sécurité à un « Könö, un Diakanké… » Nous n’irons nul part…
    Dans les nominations aux postes administratifs de chaque semaine, combien d’entre-nous attendons pour vérifier quelle région s’est taillée la part du lion au lieu de chercher à privilégier qui peut faire le travail correctement ?
    Que dire de ces agents administratifs qui n’ont jamais été acceptés dans leur lieu d’affectation par les autochtones sur des bases ethniques, régionalistes et sexistes ? Ne me dites pas que ça n’existe plus car en tant que journaliste, j’ai régulièrement été au cœur de ces situations.
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Combien de fois, des financements ont été perdus parce que telle ou telle communauté estime que le chef du projet est perçu comme un « sous-homme » et ne saurait diriger un projet à leur intention fut-il (le projet) bénéfique. Le dernier exemple que j’ai vécu m’a été rapporté par un ami, docteur en nutrition l’an passé.
Aussi, devrais-je rappeler qu’en Guinée ici, il ya des communautés qui estiment qu’ils sont les maîtres pour ne pas dire propriétaires d’autres communautés ? Et cela n’émeut personne jusqu’à ce que les premiers cités décident de soumettre les seconds par l’argument de la violence…

Par ailleurs, c’est bien de s’indigner sur ce que vivent nos frères ailleurs. Mais c’est encore mieux d’inculquer l’amour et la solidarité entre nous au quotidien afin que cessent également ce que nous faisons subir à nos propres frères/sœurs ici qui se sont muent en silence malgré eux.

Enfin, Diallo, Kaba, Haba, Kouyaté, Sylla, Sarah, Minté, Camars… sont des Guinéens. Il ne faut pas se tromper d’adversaires.
Si l’humanité doit sa survie à la non-violence, l’Afrique doit la sienne dans la promotion de l’acceptation de l’autre dans toute sa différence. L’État-nation n’est certes pas pour demain dans nos pays mais tous ensemble, nous pouvons contribuer à poser les bases. Et cela peut commencer aujourd’hui à travers chacun de nous.

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NB: Chers tous, ce récit n’a pas la prétention de faire la morale à quiconque mais plutôt interpeller chacun de nous sur la nécessité du vivre-ensemble, car il n’y a pas de petite injustice.

Je vous remercie très respectueusement, pour avoir usé de vos Go, pour avoir soustrait de votre temps précieux pour me lire. Et je vous prie d’agréer, l’expression de mon profond respect.

Si par mégarde une maladresse s’est glissée ici ou là, je souhaiterais bénéficier de votre compréhension.

Par Abdoulaye Sankara Abou Maco journaliste écrivain

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