Lorsque vous appelez un président africain sans faire précéder son nom du terme : « Son Excellence », vous pouvez vous attirer ses foudres.
Mady Bangoura

Lorsque vous appelez un président africain sans faire précéder son nom du terme : « Son Excellence », vous pouvez vous attirer ses foudres.

Lorsque vous appelez un président africain sans faire précéder son nom du terme : « Son Excellence », vous pouvez vous attirer ses foudres.
En effet, les potentats du tiers-monde adorent être appelés « Son Excellence», les députés, eux, raffolent du titre de « Honorable », et même les membres du clergé ont à cœur d’être appelés « Son Eminence ».
Pourtant, certains de ces titres sont employés de manière totalement abusive.
Par exemple, d’après les règles protocolaires, le président de la République n’est normalement désigné par le terme « Son Excellence » qu’en dehors des frontières nationales, ou alors sur le territoire national par des diplomates étrangers.
Autant dire que si le président du Gabon est au Gabon, on ne doit pas l’appeler « Son Excellence ». Ce n’est que lorsqu’il est en visite dans un pays étranger que les autorités de ce pays étranger peuvent l’appeler par ce terme.
Mais chez les Africains, on balance la désignation « Son Excellence » à tort et à travers.
Le plus loufoque, c’est que même les chefaillons du village qui n’ont aucun pouvoir véritable, ont aussi droit aux titres ronflants.
Quelqu’un est le roi des poules, le maître des chèvres et le patron des cochons, mais on l’appelle « Sa Majesté », « Son Altesse
Royale».
D’autre part, l’élite noire adore le mythe du diplôme. Il est très fréquent que les intellectuels noirs signent une publication non pas uniquement avec leurs noms, mais avec leur CV : Agrégé en ceci, Docteur en cela, Lauréat de machin chouette.
Or, en France, où la plupart se sont formés, on ne désigne pas les enseignants d’université par l’appellation « Docteur » ou « Professeur ». On les appelle tout simplement Monsieur ou Madame Untel et ça suffit largement.
Quant aux avocats, en Afrique, ils adorent se faire appeler « Maître » et ce, même hors contexte.
Pourtant, on n’appelle un avocat « Maître » que quand il agit dans l’exercice de ses fonctions. Dès lors, si un avocat s’engage par exemple en politique à plein temps, l’appellation de « Maître » n’a plus de raison d’être.
Pourtant, les sénégalais appelaient abusivement leur ancien président « Son Excellence Maître Abdoulaye Wade », comme aujourd’hui les ivoiriens appellent leur président « Son Excellence Docteur Alassane Ouattara » ou encore d’autres peuples qui désignent leur président par les titres Elhadj Professeur par-ci, Chef de l’Etat par-là et Commandant en chef des forces armées de l’autre côté.
En France, des figures de la scène politique comme Nicolas Sarkozy, Jean-François Cope, Marine Le Pen, sont tous des avocats. Or, il ne viendrait à l’esprit de personne de les appeler « Maître ! ».
Enfin, l’élite noire adore les flatteries basses et assidues qui consistent à louer le chef et faire des courbettes.
On serait tenté de croire que cela tient à une certaine culture africaine portée sur le respect des anciens et des aînés. Que Neni !
La plupart du temps, il ne s’agit là que d’une tropicalisation de la fable de La Fontaine qui dit que « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».
L’égo académique et l’opportunisme politique n’engendrent finalement chez eux qu’une excessive envie d’être dans la proximité du pouvoir, dans les petits papiers du chef.
Il faut voir la facilité avec laquelle ces drôles d’intellectuels acceptent de s’humilier et de se ridiculiser en inclinant corps et âme pour saluer le chef.
Le drame de cette « noirgeoisie », c’est qu’elle se reproduit en perpétuant ses tares.
Fort d’un tel constat, le moins qu’on puisse dire est que la modestie n’est pas ce qui l’étouffe. Ceux qui sont les plus en vue ont de mauvaises manières qui consistent à l’enfumage verbal dans le seul but de montrer qu’ils ont un français académicien.
Ils ne sont pas sans influence sur d’autres, notamment sur les jeunes, subjugués par le succès de ces aînés, et désireux à leur tour d’être portés sous les mêmes éclairages médiatiques, d’accéder à un renom au moins égal à celui qui les tient sous le charme.
Par conséquent, les mauvaises manières de cette pseudo élite se diffusent au sein de la communauté noire dans son ensemble et l’appauvrit.
En tout cas, l’Afrique, les Antilles et la Guyane ne doivent s’attendre à aucun développement tant que l’élite passera le temps à s’enorgueillir de ses diplômes et de ses titres bidon, à parader avec des phrases ronflantes et creuses et à faire des courbettes pour gagner sa pitance.”
Appelez-moi l’apprenant
Mady Bangoura

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