Nous sommes responsables des malheurs qui nous frappent Alpha Saliou Wann<span class="wtr-time-wrap after-title"><span class="wtr-time-number">4</span> min read</span>

Nous sommes responsables des malheurs qui nous frappent Alpha Saliou Wann4 min read

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Nous sommes responsables des malheurs qui nous frappent, parce que nous refusons de prendre nos responsabilités. Il faut traiter le mal à la racine.

La création de la CENI est le résultat d’une longue lutte pour obtenir la transparence des élections. On a pensé qu’il fallait retirer l’organisation des élections au ministère de l’administration du territoire pour la confier à une institution indépendante du pouvoir exécutif.

Maintenant, pourquoi fermons nous les yeux sur la gestion catastrophique des élections par cette CENI ?

Elle dépense des milliers de milliards de nos francs sans justifier l’utilisation des fonds comme l’exige la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI.
Elle ne fait aucun compte rendu annuel de ses activités aux élus de la République que son le président et l’assemblée nationale conformément à la loi.

Elle exclut certains Guinéens de participation aux élections en violation de l’article 2 de la Constitution et de l’article 17 de la loi organique portant code électoral. Tous ces jeunes gens qui viennent d’avoir 18 ans ne peuvent voter simplement parce que la CENI ne procède pas à la révision annuelle des listes électorales comme l’exige la loi.

Les représentants des partis de la mouvance et de l’opposition y sont pour contrôler le bon déroulement des opérations afin que leurs camps respectifs ne soient pas lésés. Peu importe, mais si la loi exige que la CENI soit présidée par un représentant de la société civile, c’est pour garantir sa neutralité. Il est donc inacceptable que les présidents de la CENI se mettent tous au service du chef de l’exécutif pour violer nos lois et bafouer la transparence des élections.

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Nous devons donc mettre les organisations de la société civile devant leurs responsabilités. S’ils sont incapables de se faire représenter par des personnalités irréprochables pour présider la CENI, il faudra dans ces conditions les exclure de cette structure en laissant les politiques se neutraliser mutuellement.

Ça ne sert à rien d’avoir des représentants de la société civile partisans du pouvoir au sein de cette institution.

Je le répète encore, l’actuel président de la CENI est un avocat. C’est sous les yeux de l’Ordre des avocats, qui l’a désigné comme son représentant à la CENI, qu’il continue de violer les deux lois organiques qui régissent l’organisation des élections dans notre pays. Les avocats collectivement sont muets devant ces faits. Ils lui ont même renouvelé leur confiance en le confirmant comme leur représentant après la révision de la loi sur la CENI.

Il en est de même pour les magistrats. Ce sont des magistrats de l’ordre judiciaire désignés par la Cour Constitutionnelle pour présider les CACV qui ont violé de façon flagrante l’article 86 de la organique portant code électoral pendant les dernières élections locales. Pire, les magistrats des tribunaux saisis dans le cadre de ce contentieux créé par leurs collègues, ont à leur tour ignoré sans coup férir la loi.

Mais, si la Justice ne fait pas respecter le droit, il n’y a pas d’Etat de droit. C’est l’une des causes premières de l’absence d’investissements dans l’économie réelle dans notre pays : la défaillance de l’appareil judiciaire. Les multinationales minières et les bailleurs de fonds multilatéraux n’ont pas besoin de notre justice pour mettre au pas notre gouvernement. Ce sont plutôt les investisseurs qui auraient pu créer des emplois et des richesses, y compris les banques de la place, qui s’abstiennent de s’engager dans notre pays.

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Vous comprenez donc les conséquences politiques et économiques du silence de nos élites. Par leur faute, c’est tout le pays qui est bloqué.

Nous sommes scrutés à la loupe, tous ces manquements sont sanctionnés sévèrement par les marchés. Les investissements étrangers vont dans les pays stables politiquement et où le risque juridique est limité. Nous faisons exprès pour garder nos mauvaises habitudes.


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