Politique

Oumar Manet: «On va rigoler… ce samedi 14 novembre, tu ne viens pas, tu dors ta vie dort»

A la veille de son spectacle le samedi 14 novembre au Centre Culturel Franco-Guinéen, l’humoriste Oumar Manet a accordé une interview à cotre magazine en ligne conakrylemag. Durant cet entretien, le One Man Show a expliqué les raisons qui lui ont poussé à se lancer dans l’humour. Il invite aussi tout le monde à prendre part à la fête. Car il promet du balaise. Lisez!

Conakrylemag: Bonjour Monsieur Manet Oumar
Oumar Manet: Bonjour

Merci de nous avoir accordé cette interview ici au centre culturel franco-guinéen. Avant tout propos, dites-nous qui est Oumar Manet.
Alors, Oumar Manet est un jeune guinéen artiste comédien humoriste qui se cherche comme on le dit dans le pays. Un jeune artiste qui se cherche avec sa petite équipe, qui essaient de faire en sorte de faire bouger ce petit monde de la culture, du théâtre, de la musique, à notre manière, à notre échelle et selon nos petits moyens.

Ça c’est Oumar Manet. Alors qui est Don Juan?
Don Juan, c’est un personnage. Ce n’est pas du tout Oumar Manet. Don Juan, c’est un personnage qui à la base n’est pas le mien. Don Juan est un personnage d’une vielle pièce de Molière. Un champion coureur de jupon. Mais le Don Juan dont on parle dans ma pièce, c’est tout un autre Don Juan. Ça n’a rien à voir avec le Don Juan de Molière.

Qu’est-ce-qui vous a poussé à faire l’humour?
Au tout début c’est la passion. On est tous mené vers ce type de métier au départ par la passion. C’est vrai qu’il y’a les sous après, mais les sous viennent après. C’est la passion. Après je suis allé dans une école où on apprend l’art de façon académique. Je suis allé. J’y ai appris. J’ai suivi plusieurs formations.

Pourquoi avoir opté pour l’humour alors que la culture revêt plusieurs domaines tels que la musique entre autres?
Parce que je ne sais chanter. J’ai une voix qui n’est pas bonne pour chanter (rire). J’ai tenté. Déjà tout petit quand j’essayé de chanter, c’est ma propre mère qui me disait: Oumar tais-toi, tais-toi. Je ne pouvais pas faire carrière dans la musique.

C’est ce qui vous a découragé?
Je n’avais pas une jolie voix. Pourtant j’étais convaincu hein, que je savais bien chanté.

Dites, que peut apporter l’humour à la société en générale et celle guinéenne en particulier?
Je pense qu’un humoriste a presque le même statut comme en médecine. Tu sais, on dit rire brule les calories, c’est-à-dire si tu as des problèmes de calories, à force de rire, tu peux en perdre. Rire, ça donne de la bonne humeur, ça déstresse. Tu préfères rire ou pleurer toi?
Le rire.

Tu préfères rire. Tout le monde aime rire. La personne qui te fait rire tous les jours, tu préfères côtoyer cette personne ou la personne qui t’énerve tous les jours? Sans doute, c’est la personne qui te fait rire tous les jours. Donc, je pense que le rire c’est comme une thérapie. Et l’humoriste, c’est un thérapeute, un médecin qui aide les gens à oublier le stress quotidien de tous les jours. Tous les problèmes qu’il a dehors, en l’espace d’une heure, en l’espace du spectacle, il les oublis, il est dans un autre monde. Et ça, c’est déjà le plus grand bien que tu peux donner à l’humanité.

Oumar Manet est guinéen, dans combien de pays vous avez pu jouer?

Alors, on va faire le compte ensemble. Dans combien de pays j’ai joué? Déjà j’ai joué en Guinée. J’ai joué au Mali. J’ai joué au Sénégal. J’ai joué en Algérie plusieurs fois. J’ai joué à Tunis. J’ai joué plusieurs fois au Cameroun. J’ai joué au Togo. J’ai joué au Bénin. J’ai joué, j’ai joué (rire) j’ai joué en Côte-d’Ivoire. J’ai joué dans beaucoup de pays mon frère. Pour les énumérer, on n’a pas trop le temps.

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Dans la carrière de toute personne, il y’a des hauts et des bas. Alors durant la tienne, quels ont été l’exploit qui vous a les plus marqué et aussi quel est le raté qui vous a aussi le plus marqué? D’abord le raté.

Les ratés. Alors les ratés, comme tout être humain le parfait n’existe pas. Il y’a eu beaucoup de ratés et il y’en aura toujours. Le raté qui m’a le plus marqué: j’avais fait une pièce il n’y’a pas longtemps. Je crois que c’est mon dernier spectacle, ont je ne suis pas du tout fier. Le titre c’était mes ex. peut-être que vous en avez entendu parler.

Il y’a eu un gros souci technique pendant le jour même du spectacle, au moment du spectacle. Tout au long du spectacle, il y’avait un gros souci technique. Mais le public ne le savait pas. Donc, s’il y’a une personne que le public pourrait blâmer ce jour-là, c’est moi. Parce que, eux ils ne peuvent pas savoir qu’il y’a un problème technique qui est en train de se passer au même moment. J’ai eu les une heure les plus longues de ma vie.

L’exploit qui vous a le plus marqué?
L’exploit qui m’a le plus, la pièce qui m’a… Bon c’est mon petit bijou, c’est mon p’tit bébé et, beaucoup de gens le savent. Ils sont venus déjà à plusieurs fois dans mes spectacles. J’avais fait un autre spectacle intitulé le journal intime de Dieu que j’aime bien.

Justement, parlons du journal intime de Dieu. Pourquoi un tel sujet?
Alors, c’est un jour j’étais là dans ma vie de tous les jours, dans mon quotidien, j’ai vu que le monde va mal. Le monde va mal. Il y’a des problèmes, il y’a des guerres par-ci, il y’a des génocides par-là, il y’a des maladies par-ci, il y’a des détournements, des assassinats. Le monde va mal.

Je me suis dit merde, Dieu là où il est qu’est-ce qu’il nous dirait s’il pouvait descendre ici, là, tout de suite devant nous pour parler. Donc, le délire est parti de là. Je me suis dit, ha tiens, s’il nous disait, ha non, vous mes enfants de l’Afrique vous faites ceci ce n’est pas bien. Vous mes enfants de l’Europe vous faites ceci, de l’Occident vous faites ceci, ce n’est pas bien. Vous mes enfants de l’Amérique vous faites ceci ce,…

C’est-à-dire il nous dirait ce qui ne va pas bien avec nous. Donc, le délire est parti de là-bas. C’est Dieu que je mets en scène, il vient nous mettre face à nos responsabilités.

Parlons un peu du spectacle de ce samedi 14 novembre, à quoi doivent s’attendre les spectateurs?

Alors, ils doivent s’attendre à un cours. A un cours, à un moment d’échanges, de partages d’informations et d’idées. Le tout supporté par beaucoup de musique, et beaucoup de funs. On va rigoler.

Le jour du spectacle, y’aurait-il d’autres personnes qui vont accompagner Oumar Manet?

Non. C’est un One Man Show. Je serai peut-être légèrement accompagné par d’autres artistes que je vais taire le nom. Parce que je préfère qu’on les découvre sur scène.

Qu’est-ce-que cela vous fait lorsque vous passez plus d’une heure sur scène?
Qu’est-ce-que ça fait?

Tu déshydraté après. Tu n’as envie de parler à personne. Tu es fatigué mais aussi content. C’est comme une femme qui accouche, tu vois. Le jour de l’accouchement, c’est chaud, c’est difficile. Mais après l’accouchement elle se sent toute légère. Et elle est contente d’avoir donné naissance à ce bébé qui est venu. Donc, là c’est comme si j’étais enceinte, et que ce samedi je vais mettre au monde un enfant.

 

On remarque lorsqu’il y’a des concerts d’artistes chanteurs et musiciens il y’a un nombre souvent pléthorique de spectateur. Mais quand il s’agit des spectacles d’humoristes on ne voit pas un si grand nombre de spectateurs comme chez les artistes. Qu’est-ce-qui explique cela?

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Parce qu’aujourd’hui par exemple, le monde de théâtre et de la comédie, de l’humour et de tout, les gens… Par exemple pour le secteur que moi je fais, le stand-up, l’humour, le one man show, le guinéen ne le connaissait pas. Il n’y’a pas longtemps que nous on a commencé à les inciter.

A notre tout premier spectacle quand j’étais encore avec les Sérials Rieurs, tu sais il y’avait combien de personnes dans la salle? Il y’avait treize personnes. Mais aujourd’hui, on fait deux fois la salle du CCFG. On remplit aujourd’hui, le lendemain on refait le même spectacle c’est quand même rempli. C’est des étapes.

On est en train d’y arriver. Petit-à-petit on va faire des spectacles au palais du peuple et Inch Allah un jour ça va être au stade, ça va être dans des endroits beaucoup plus grands. Petit-à-petit le public guinéen est en train de connaitre c’est quoi le stand-up, c’est quoi le one man show. On va y arriver. On ne perd pas espoir.

Qu’est-ce-qui vous anime le plus chez les spectateurs?

La diversité. La diversité du public qui vient de partout mais qui ensemble sont de différentes horizons. Qui sont de différentes familles, de différentes cultures, de différentes ethnies, mais qui rient ensemble sans distinction.

Sur votre page Facebook, vous demandez aux spectateurs de venir avec deux bloc-notes et quatre stylos. C’est pour quoi?
Parce que le cours va être violent mon frère. Ce n’est pas la blague. C’est le genre de cours tu rates une fois dans ta vie, c’est fini, ta vie ne changera jamais.
Parlant du spectacle du 14 novembre, quels sont les thèmes que vous allez aborder?

Je vais parler beaucoup d’amour. Parce que Don Juan c’était quand même un coureur de jupon mais qui avait beaucoup d’amour. Il en avait tellement qu’à mon avis, il voulait en donner à toutes les femmes qui lui passaient.

Vous allez tenter d’emboiter ses pas?

Non. Je vais tenter de dire aux gens de partager l’amour qu’ils ont. Mais surtout avec leurs proches. Et encore plus les personnes qu’ils ne connaissent pas. Accordez les le bénéfice du doute. Donner un sourire à quelqu’un que tu ne connais pas, ne te coûte pas grand-chose.

A combien coûte le ticket d’entrée?
La rentrée n’est que 50.000 francs guinéens.

N’est que cinquante mille francs guinéens?

A ton avis c’est cher? Je vais expliquer pourquoi c’est cinquante mille. Ce qu’ils vont lire sur le site conakrylemag.com verront ça en ligne, ils comprendront. Quand on met un ticket à cinquante mille, déjà la salle du CCFG c’est trois cent places, c’est sur ces trois cent places il y’a trente (30) invitations. Ça fait trois cent moins trente places déjà.

Après sur chaque ticket que tu vends à cinquante mille, le centre culturel franco-guinéen prend 10%. Ils prennent 10% sur les cinquante mille. Il reste combien? 90%. Sur ces 90%, tu es allé chez un infographe qui t’a fait une conception que tu as payé, tu es allé chez un imprimeur, les imprimeurs impriment à partir de 1000 affiches et plus pas moins. Tu l’as payé lui aussi. Tu as des techniciens que tu dois paies.

Tu as plein d’affiches, de banderoles que tu paies. Quand tu soustrais tout ça sur les cinquante mille, tu penses que combien revient à l’artiste à la fin? Pas grand-chose. Pourtant on vit que de ça.

Un dernier mot.

Ce que j’ai à ajouter mon frère, ce samedi 14, tu ne viens pas, tu dors ta vie dort.

Propos recueillis par Oumar Daroun pour conakrylemag.com (+224 657 486 021 / +224 624 964 911)

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