Sékou Jamal Pendessa face à la Justice: Symbole d’une Presse Guinéenne sous Pression
Dans les couloirs du tribunal de première instance de Dixinn, un air de tension flotte ce mardi 30 janvier 2024. Sékou Jamal Pendessa, figure emblématique du journalisme guinéen et secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse en Guinée (SPPG), se retrouve face à la justice. Son inculpation et son incarcération depuis le 22 janvier dernier soulèvent des questions cruciales sur la liberté de la presse et l’état de la démocratie en Guinée.
Pendessa, arrêté le 19 janvier suite à une manifestation organisée par le SPPG dans le Grand Conakry, est accusé de « participation à une manifestation non autorisée sur la voie publique et de diffusion et de production de données de nature à troubler l’ordre public ». Ces accusations, pourtant, semblent être le reflet d’un régime de plus en plus répressif envers ses détracteurs et les voix indépendantes. La manifestation en question visait à exiger la libération de l’accès à Internet et l’arrêt du brouillage des fréquences de certains médias, une revendication légitime dans toute société qui se respecte.
Mais que signifie réellement cette arrestation pour la liberté de la presse en Guinée? Est-ce un cas isolé ou le symptôme d’un malaise plus profond? La Guinée, autrefois louée pour sa transition démocratique, semble aujourd’hui glisser vers des pratiques autoritaires, où les voix critiques sont étouffées et la liberté d’expression, un droit fondamental, est mise à mal.
La solidarité du mouvement syndical guinéen, qui se rassemble ce même mardi à la bourse du travail pour soutenir Pendessa, est un signal fort. Elle montre que, malgré la pression et l’intimidation, l’esprit de résistance et la quête de justice restent vivants. Mais suffira-t-il pour inverser la tendance d’un régime qui semble déterminé à contrôler le récit médiatique?
Dans ce contexte, il est essentiel de se demander : jusqu’où ira le gouvernement guinéen dans sa tentative de museler la presse? Et quel rôle la communauté internationale, souvent prompte à condamner les atteintes à la liberté d’expression ailleurs, jouera-t-elle dans ce combat pour la liberté de la presse en Guinée?
L’affaire Pendessa n’est pas seulement le procès d’un homme, mais celui d’une profession tout entière. Elle met en lumière les défis auxquels les journalistes guinéens sont confrontés quotidiennement dans l’exercice de leur métier. C’est un test pour la démocratie guinéenne, un baromètre de sa santé et de sa maturité.
Alors que Sékou Jamal Pendessa attend son jugement, le monde observe. Cette affaire est un rappel poignant que la liberté de la presse est un pilier essentiel de toute société démocratique. Sans elle, c’est la démocratie elle-même qui est en jeu.
A suivre…
Par Binta Barry pour conakrylemag.com
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