
Soutiens de Doumbouya : quand la politique vire à la voracité
En Guinée, la course à la loyauté envers Mamadi Doumbouya atteint des sommets de cynisme. Dernier exemple en date : Ismaël Baldé, fervent partisan du régime, qui n’a pas hésité à lâcher une déclaration pour le moins brutale :
« On a bien fait ! On va manger ! Celui qui n’est pas d’accord… »
Un aveu à peine voilé de ce que beaucoup soupçonnaient déjà : le soutien au pouvoir n’est plus une question de convictions politiques, mais un véritable festin pour ceux qui savent s’aligner.
Le pouvoir, une affaire de partage du gâteau ?
Si certains cherchent encore des principes dans cette transition, Ismaël Baldé, lui, a le mérite de la franchise. Il ne parle ni de refondation, ni de démocratie, ni même de développement, mais d’un pouvoir transformé en opportunité d’enrichissement personnel.
- « On va manger » : une phrase qui en dit long sur les intérêts réels de ceux qui entourent Mamadi Doumbouya.
- Aucune référence au peuple, aucune vision pour la Guinée, simplement l’aveu cru d’une caste qui profite du régime pendant que la majorité des Guinéens subissent l’inflation, les coupures d’électricité et la précarité.
- Un climat où l’exclusion est assumée : « celui qui n’est pas d’accord… » sous-entendu sera écarté, broyé ou réprimé.
Loin d’être un simple dérapage verbal, cette déclaration reflète une mentalité de prédation qui gangrène le pouvoir. La transition, loin d’être une opportunité pour reconstruire un État fort, semble être une aubaine pour quelques-uns.
Un régime qui nourrit ses fidèles et écrase ses opposants
Depuis son arrivée au pouvoir, Mamadi Doumbouya et ses hommes ont systématiquement écarté toutes voix discordantes. Pendant que des figures de l’opposition croupissent en prison ou en exil, les soutiens les plus bruyants du régime se partagent les privilèges.
- Les anciens dignitaires sont traqués par la CRIEF, pendant que les proches du pouvoir profitent des ressources de l’État sans le moindre contrôle.
- Les postes stratégiques sont confiés à ceux qui prêtent allégeance, créant un cercle fermé où seule la loyauté compte, au détriment des compétences.
- Les médias indépendants sont sous pression, tandis que les thuriféraires du régime paradent sans complexe.
Ismaël Baldé ne fait que dire tout haut ce que le système applique déjà : en Guinée, le pouvoir ne se partage pas, il se consomme.
Jusqu’où ira cette arrogance ?
À force d’exhiber une telle impunité, le régime court un danger : celui de provoquer une révolte populaire. Car pendant que certains « mangent », la majorité du peuple s’enfonce dans la précarité et l’incertitude.
Mais l’histoire l’a prouvé : les régimes qui gouvernent dans le mépris et l’accaparement finissent toujours par payer le prix fort.
La vraie question n’est donc pas « qui va manger ? », mais plutôt : jusqu’à quand ?
— conakrylemag





