Tirs au lycée Sainte-Marie : un adolescent armé en classe, un drame qui interroge la société

Tirs au lycée Sainte-Marie : un adolescent armé en classe, un drame qui interroge la société
L’affaire aurait pu tourner au carnage. Le 11 mars dernier, Bangaly Camara, un élève de 16 ans, a apporté une arme à feu au lycée Sainte-Marie de Nongo. Il a ensuite tiré « accidentellement » sur deux de ses camarades, Fatoumata Tigui Diallo et Alhassane Barry, les blessant tous les deux.
Aujourd’hui, les victimes se rétablissent, l’élève fautif a été présenté devant la justice, mais une question demeure : comment un adolescent s’est-il retrouvé avec une arme dans un établissement scolaire ?
Une prise en charge, mais un silence sur les vraies responsabilités
Fatoumata Tigui Diallo se veut rassurante : elle et son camarade ont été soignés et pris en charge par leur école. Mais l’essentiel du problème reste sans réponse.
- D’où venait cette arme ?
- Comment un élève a-t-il pu la transporter jusqu’à l’école sans être inquiété ?
- Qui doit être tenu responsable d’un tel laxisme ?
Trop souvent en Guinée, on se contente d’éteindre les incendies sans jamais chercher à en comprendre l’origine.
Une société qui s’endurcit, une jeunesse livrée à elle-même
Ce drame n’est pas un simple fait divers, c’est le reflet d’une société où la violence est en train de se normaliser.
- Les jeunes grandissent dans un climat de brutalité et d’impunité.
- Les armes circulent dans des mains qui ne devraient même pas les approcher.
- L’éducation et la sensibilisation sur les dangers de la violence sont quasi inexistantes.
Comment en vouloir à un adolescent de jouer avec une arme, quand il voit chaque jour la force primer sur la justice dans son propre pays ?
Les vraies responsabilités : famille, école, État
Le fait que Bangaly Camara ait été présenté devant la justice est un premier pas, mais cela suffit-il ?
- Ses parents savaient-ils qu’il possédait une arme ?
- Le lycée ne devrait-il pas renforcer ses mesures de sécurité ?
- L’État ne devrait-il pas contrôler plus strictement la circulation des armes ?
Parce qu’après tout, comment un simple élève peut-il avoir accès à une arme, et pourquoi a-t-il ressenti le besoin de l’emmener à l’école ?
Jusqu’à quand allons-nous ignorer ces signaux d’alerte ?
Ce drame est un avertissement. Si l’on n’y prend pas garde, d’autres situations similaires surgiront, et la prochaine fois, les victimes ne s’en sortiront peut-être pas aussi bien.
Ce qu’il faut, ce n’est pas juste punir un adolescent, c’est agir en profondeur sur un système qui laisse les jeunes se perdre entre violence, manque d’éducation et absence de repères.
Parce que si des élèves commencent à venir armés en classe, c’est qu’il est peut-être déjà trop tard.
— conakrylemag




