Un débat sur la Justice n’est pas aisée Par Me Mohamed Traoré<span class="wtr-time-wrap after-title"><span class="wtr-time-number">3</span> min read</span>

Un débat sur la Justice n’est pas aisée Par Me Mohamed Traoré3 min read

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Le débat de « Espace Expression » de la Radio Espace FM a porté ce vendredi sur la Justice. Diverses questions importantes relatives au fonctionnement de l’appareil judiciaire guinéen ont été abordées au cours de l’émission.

Mais il faut reconnaître qu’un débat sur la Justice n’est pas aisée. En effet, les magistrats sont protégés contre l’outrage. Même le magistrat qui ne le mérite pas est quand même protégé. De même, l’institution judiciaire de façon générale est protégée contre le discrédit. C’est le législateur qui l’a voulu ainsi.

Le citoyen est obligé de se conformer à sa volonté car il exprime la volonté populaire. Sinon les maux dont souffre la Justice, en tout les deux principaux d’entre eux, sont connus de tous. Mais lorsque vous voulez dénoncer les tares de la Justice, vous êtes obligé de faire attention pour ne pas tomber sous le coup de la loi pénale. Quand vous dites par exemple qu’un magistrat est corrompu ou une insuffisance professionnelle, vous devez le prouver. À défaut, vous tombez sous le coup de la loi pénale pour outrage ou pour diffamation.

Lorsque vous imputez des faits aux juridictions ou vous alléguez des faits contre elles, vous devez faire attention aux poursuites pour diffamation envers les cours et tribunaux. Lorsque vous parlez d’une décision de justice, vous devez éviter de jeter le discrédit sur l’appareil judiciaire. Vous n’avez qu’à exercer les voies si vous n’êtes pas satisfait d’une décision. Et si vous exercez toutes les voies de recours possibles, sans obtenir une décision satisfaisante, il ne vous plus qu’à vous en remettre à la Justice divine si vous êtes un croyant. C’est dur et difficile à supporter quelquefois. Mais c’est cela la réalité malheureusement. Dura l’ex, ses l’ex.

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En ce qui concerne, certaines pratiques au sien de la Justice, il est souvent difficile voire impossible de les prouver. Ce qui veut pas dire qu’elles n’existent pas. On ne voit pas l’air mais il existe bel et bien. Le problème est qu’en doit, ce qu’on peut prouver est plus important que ce que l’on sait ou l’on voit. Certains justiciables ont pris l’habitude, pour contourner cette difficulté, d’enregistrer des conversations.
Mais est-ce une solution ?

C’est pourquoi, dans les débats sur la Justice, on se plaît dans le rappel des grands principes en occultant les vrais problèmes qui assaillent ce secteur dans son fonctionnement quotidien.

On revient les cours d’institutions judiciaires, de procédure pénale, civile, administrative, sociale …que tout juriste est censé plus ou moins maîtriser. Les questions pratiques sont soigneusement évitées. La plaie reste béante.

Or, si chacun, en âme et conscience, s’interrogeait sur la question de savoir s’il accomplissait sa mission conformément aux règles qui régissent sa profession, on se demande quelle pourrait être la réponse. Cela vaut pour toutes les professions judiciaires mais, en tout premier lieu, à la profession de magistrat.

La protection dont bénéficie le magistrat est telle qu’on n’ose pas parler de lui dans certains termes. C’est pourquoi, certains disent qu’il est vraiment intéressant d’être magistrat surtout dans les pays africains. C’est donc le magistrat lui-même qui doit faire en sorte de mériter la protection que la lui accorde.


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