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Une nation ne vaut que par la qualité de ses Hommes

J’ai suivi attentivement la radio, j’ai allumé la télé, j’ai scruté mon Smartphone dès mon arrivée à la maison. Aux nouvelles, une école mal construite est tombée, des milliers de jeunes scrutent l’horizon à la recherche d’un emploi public. J’ai eu mal, j’ai eu peur. Toutefois, comme Martin Luther King, j’ai également fait un rêve, j’ai un rêve, je porte en moi une audace teigneuse…
 
Conscient qu’une nation ne vaut que par la qualité de ses Hommes, qualité liée à celle de son système éducatif, conscient que l’éducation est un moule, lequel façonne et trace les sillons des destinées des peuples, j’ai fait un rêve, je l’ai nourri à la sève de l’audace, et il parle de lui-même, il parle pour lui-même et je m’en fais simplement le porte-parole…
 
Dans mon rêve, la Guinée a puisé dans ses valeurs endogènes pour se forger un système éducatif qui inspire le respect de la communauté dite internationale. Dans mon rêve, l’école guinéenne n’est ni une entité chronophage, ni une entité qui assassine le rêve et le libre arbitre des apprenants. Elle forme des citoyens créatifs, imaginatifs, qui n’attendent pas un concours de la Fonction publique pour se lancer dans la vie active.
 
Cette école guinéenne, portée dans l’âme par les valeurs ancestrales de respect et de probité a forgé un mental de gagnant dans l’esprit des élèves.
Je rêve du retour de la vocation dans les rangs des enseignants, le retour de la probité et de l’exemplarité. Je rêve d’enseignants bien formés, motivés et dévoués pour la cause des apprenants, des enseignants qui font passer l’intérêt des élèves avant les leurs. Des enseignants qui ont compris le sens du sacrifice.
 
J’ai rêvé d’une école guinéenne dont le système est imité au delà de ses frontières. Une école où on enseignerait l‘intégrité de Samory Touré, Dinah Salifou Camara, Alpha Yaya Diallo, Nzebela Togba Pivi, face à l’agression du colon. Une école où le sacrifice de tous les héros nationaux serait une boussole pour les chercheurs, les intellectuels, pour qu’ils mènent une vie utile au service des masses laborieuses.
 
J’ai espoir qu’aucun enfant ne sera exclu du système mais sera réorienté en fonction de ses talents ou capacités. Je rêve d’une école qui ne tue pas les ambitions, n’annihile pas le leadership ou l’envie de gagner. Une école qui intègre le goût du risque dans le système de penser des apprenants. Une école qui forme des leaders, des hommes libres et heureux.
 
Avec une école guinéenne réconciliée avec elle-même, sa dignité le remettra au travail pour forger dans les larmes, dans le travail et la discipline, le citoyen dont le pays a besoin pour se passer des aides dégradantes. Et ce citoyen ne viendra de nulle part, il sera ce que le système éducatif aura décidé qu’il soit.
 
Je rêve d’une Guinée où l’école ne sera pas perçue pour les parents comme une échappatoire, un dépotoir pour enfants encombrants ou dérangeants. Je rêve d’une Guinée où l’école ne sera plus l’otage de commerçants cupides, exploitant anarchiquement le secteur, sans notion de la politique éducative.
 
Je rêve d’une école débarrassée d’enseignants sans vocation, assassins des ambitions chez les enfants, briseurs d’avenir…
Je rêve d’une école débarrassée de la hantise des écoles sans toit, de la hantise des murs qui s’écroulent à chaque toussotement du vent. Une école d’où les élèves ne seront pas des proies faciles pour les sites d’or ou les vendeurs d’illusions.
 
Je nourris l’espoir qu’en 2030, nous célèbrerons « 0 » classe aux abris douteux, zéro exclusion de filles du système éducatif, parce que certaines ont eu la « malchance » de naitre femmes. Je rêve d’un système éducatif qui met la femme en avant, faisant d’elle un puissant levier de développement humain, social et économique…
 
Je rêve d’une école, d’un système éducatif qui fera ressortir le meilleur en chaque apprenant, en lui apprenant à aimer son prochain, son pays et à se mettre sans conditions, à son service.
 
Alors, je voudrais que ce rêve puisse constituer une feuille de route entre les mains des ministres en charge de l’éducation. Que ce rêve soit inscrit en or sur une feuille servant d’amulette accrochée dans le haut du bureau de tout ministre de l’enseignement, soucieux de donner une nouvelle orientation à l’éducation guinéenne. Ce rêve servira alors de repère au ministre à chaque fois qu’il aura l’impression que tout va mal, qu’il soit une source d’inspiration.
Bonne rentrée scolaire à tous !
 
Abou Maco
Journaliste, enseignant
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