
Siddighi Diallo, l’art de la soumission à 200 %
Boubacar Siddighy Diallo vient encore de prouver que l’opportunisme politique en Guinée n’a aucune limite. Cette fois, il annonce sans honte que si Mamadi Doumbouya décide d’être candidat, son parti, l’UMP, le soutiendra à 200 %.
À 200 % ? Pourquoi pas 500 %, tant qu’on y est ?
Ce genre de déclaration ne surprend plus personne, tant certains politiciens ont fait de la flagornerie un mode de survie. Mais ce qui est intéressant ici, c’est le retournement de veste spectaculaire de Siddighy Diallo, lui qui, autrefois, se prétendait défenseur de la démocratie et critique des abus de pouvoir.
Quand la dignité politique s’achète au rabais
En Guinée, les girouettes politiques ne manquent pas, mais Siddighy Diallo pousse l’hypocrisie à un niveau olympique.
- Hier, il appelait au respect des principes démocratiques. Aujourd’hui, il se couche devant un militaire au pouvoir.
- Hier, il dénonçait la gestion du pays par la force. Aujourd’hui, il acclame un putschiste en lui déroulant le tapis rouge.
- Hier, il se prétendait indépendant. Aujourd’hui, il transforme son parti en simple béquille du CNRD.
Quel avenir pour l’UMP, désormais réduit à une annexe du parti unique non officiel de Doumbouya ?
Doumbouya, un candidat « démocratique » ? Quelle blague !
Ce genre de soutien bruyant sert avant tout à préparer l’opinion. Le message est clair : Doumbouya doit être candidat, et la machine est déjà en marche pour lui construire une « candidature légitime ».
Mais qui peut croire à cette mascarade ?
- Un président militaire qui a pris le pouvoir par la force, censé organiser une transition, veut finalement s’accrocher ?
- Un régime qui traque les opposants, muselle la presse et manipule la justice prétend vouloir des élections libres ?
- Un processus électoral déjà biaisé, avec des institutions aux ordres, doit aboutir à un « coup KO » en faveur du putschiste en chef ?
Siddighy Diallo le sait très bien, mais comme beaucoup d’autres avant lui, il a choisi son camp : celui des courtisans, des applaudisseurs de service, des fossoyeurs de la démocratie.
La Guinée mérite mieux que des politiciens à genoux
Si certains croient encore qu’ils peuvent imposer un pouvoir par la propagande, l’histoire leur prouvera le contraire.
Le peuple guinéen a déjà vu trop de faux démocrates se transformer en laudateurs du pouvoir en place. Et à chaque fois, la fin est la même : les opportunistes finissent balayés avec le régime qu’ils ont servi.
Siddighy Diallo pense peut-être jouer la carte de la stabilité, mais en réalité, il s’inscrit dans la longue lignée des politiciens sans colonne vertébrale.
Soutenir un putschiste à 200 % ? C’est surtout un mépris à 1000 % pour la démocratie.
— conakrylemag




