
Présidentielle 2025 : Bah Oury ouvre la porte à une candidature de Doumbouya
Le Premier ministre Bah Oury vient de lâcher une bombe politique. Interrogé sur une éventuelle candidature du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle de 2025, il a déclaré que « la décision finale lui revient ». Une sortie qui ne fait que renforcer les soupçons sur les véritables intentions du régime militaire, alors que la transition traîne en longueur et que l’opposition est méthodiquement muselée.
Après des mois de discours flous et d’ambiguïtés, cette déclaration ressemble fortement à une préparation psychologique de l’opinion publique. Bah Oury, fidèle à son rôle d’intermédiaire entre la junte et le reste du pays, laisse ainsi entendre que Doumbouya pourrait bien être tenté par un maintien au pouvoir, contrairement aux engagements initiaux du CNRD.
Une transition taillée pour Doumbouya ?
Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, la junte a toujours entretenu un double discours : d’un côté, elle affirme vouloir rendre le pouvoir aux civils après une période de transition, de l’autre, elle multiplie les manœuvres pour asseoir son contrôle sur le pays.
- Le processus électoral avance à un rythme désespérément lent.
- Les partis d’opposition sont réprimés, empêchés de tenir leurs congrès ou victimes de divisions internes encouragées par le pouvoir.
- Les institutions sont façonnées de manière à garantir un contrôle total du régime sur l’appareil d’État.
Dans ce contexte, les déclarations de Bah Oury ressemblent davantage à un ballon d’essai qu’à une simple prise de position. L’objectif ? Préparer progressivement les esprits à l’idée que Doumbouya pourrait briguer un mandat présidentiel.
Une stratégie bien rodée
Les transitions militaires en Afrique suivent souvent le même schéma :
- Un coup d’État justifié par la nécessité de « sauver la nation ».
- Une promesse de transition courte, avec un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
- Une prolongation progressive de la transition, sous prétexte de « réformes nécessaires ».
- Un glissement vers une candidature du chef de la junte, justifiée par « l’appel du peuple ».
Si Doumbouya décide d’être candidat, il rejoindrait la longue liste des putschistes africains qui se sont accrochés au pouvoir après avoir promis une transition démocratique.
Un coup dur pour la démocratie guinéenne
Une telle candidature signerait l’échec total du processus de transition et marquerait une trahison des engagements pris par le CNRD après le renversement d’Alpha Condé.
Elle poserait aussi de sérieuses questions sur la crédibilité du futur processus électoral :
- Qui osera affronter un candidat soutenu par l’appareil d’État et l’armée ?
- Comment garantir un scrutin libre et transparent dans un climat où la répression politique est omniprésente ?
- Que deviendront les opposants à cette candidature ? Seront-ils empêchés de concourir, voire arrêtés sous des prétextes judiciaires ?
L’heure de vérité approche
Le CNRD doit clarifier sa position. Soit il respecte ses engagements et organise une véritable transition, soit il assume ouvertement sa volonté de confisquer le pouvoir.
Bah Oury vient d’ouvrir une porte que beaucoup espéraient fermée. Si Doumbouya décide de se présenter, la Guinée basculera officiellement dans une transition sans fin, où les militaires auront définitivement remplacé les civils à la tête de l’État.
L’opinion publique, l’opposition et la communauté internationale doivent réagir dès maintenant, faute de quoi le scénario d’une présidence Doumbouya en 2025 deviendra une réalité inéluctable.
— conakrylemag




