
Affaire Aliou Bah : Me Pépé Antoine démonte la farce judiciaire du régime
À l’issue de la première audience en appel d’Aliou Bah, Me Pépé Antoine n’a pas mâché ses mots. Dans une réaction sobre mais implacable, l’avocat de la défense a disséqué les failles abyssales d’un procès manifestement politique, où le droit semble avoir été relégué au second plan, derrière les consignes et les règlements de comptes du pouvoir. Et à travers lui, c’est tout le dossier Aliou Bah qui s’effondre, ne laissant en place que les traces d’un acharnement méthodique, orchestré depuis les sommets de l’État.
Une défense lucide face à un appareil judiciaire aux ordres
Me Pépé Antoine ne fait pas dans le pathos. Il constate, démontre, expose. À ses yeux, l’accusation ne repose sur aucun fondement juridique solide. Pire : elle s’effondre dès qu’on l’examine à la lumière des principes élémentaires du droit. Le dossier, selon lui, est vide, « politiquement motivé », et truffé d’irrégularités procédurales.
Mais le plus accablant, c’est cette mécanique répétitive que l’avocat souligne : la criminalisation systématique de l’opinion. En Guinée, dénoncer devient un crime, s’exprimer devient une provocation, penser devient une infraction.
L’État contre un homme, le droit contre la peur
Ce procès, Me Pépé Antoine le sait, n’est pas seulement celui d’un citoyen. C’est le procès d’un homme qui a osé tenir tête au régime, qui a refusé la compromission, qui a mis en lumière les incohérences d’un pouvoir militaire qui ne supporte plus la contradiction.
Face à une telle machine, la défense joue un rôle crucial. Et Me Pépé le joue avec calme, détermination, et surtout, un attachement rigoureux à la légalité. Ce que le régime redoute, c’est précisément cela : être confronté au droit, quand il ne fonctionne que par la force.
Un procès vidé de sa substance, mais lourd de conséquences
L’avocat n’est pas dupe. Il comprend que ce procès est une vitrine, un écran légal posé sur une vengeance politique. Tout dans l’affaire sent le montage : l’arrestation brutale, les accusations fourre-tout (trouble à l’ordre public, incitation à la rébellion, atteinte à l’autorité de l’État), et maintenant un procès en appel qui traîne, repousse, épuise.
Mais ce qui frappe, c’est que malgré l’absence de preuve, malgré le vide juridique, Aliou Bah reste en prison. Pourquoi ? Parce que le message du régime est clair : ce n’est pas la culpabilité qu’on juge. C’est la loyauté à l’ordre établi.
Me Pépé Antoine, une voix du droit face au bruit de la répression
Dans une Guinée où les avocats sont souvent muselés, achetés ou intimidés, la voix de Me Pépé Antoine résonne comme un rappel fondamental : le droit existe encore. Il vacille, il souffre, il est tordu, mais il résiste à travers ceux qui refusent de se taire.
Et face à un pouvoir qui n’a que la force pour se faire entendre, il oppose les arguments, la loi, les principes. Il ne défend pas seulement Aliou Bah : il défend la possibilité même d’être libre dans ce pays.
Ce procès ne sera pas seulement celui d’un homme. Il sera le baromètre du degré de pourriture d’un système, ou, peut-être, l’occasion miraculeuse d’un sursaut de justice.
Mais une chose est sûre : avec Me Pépé Antoine à ses côtés, Aliou Bah n’est pas seul. Et le mensonge, lui, ne triomphera pas sans résistance.
— conakrylemag




