Avez-vous une information à partager ? Besoin d'un renseignement ? Contactez Conakrylemag.com

contacter
A LA UNEPolitique

Patriotisme hydraulique : quand le gouvernement appelle à “sauver l’eau” qu’il gaspille à grande échelle

Patriotisme hydraulique : quand le gouvernement appelle à “sauver l’eau” qu’il gaspille à grande échelle

Encore un sermon officiel. Cette fois, c’est Aboubacar Camara, Directeur général du Fonds de l’Hydraulique, qui vient, la main sur le robinet et l’autre sur le cœur, supplier les Guinéens de “cultiver l’esprit patriotique pour la sauvegarde de l’eau.” En d’autres termes : éteignez vos robinets, pendant que nous inondons d’incompétence les politiques publiques.

Voilà donc la nouvelle rhétorique du régime : faire peser sur le citoyen les conséquences du chaos hydrique, tout en dissimulant soigneusement l’irresponsabilité étatique, les détournements dans le secteur, l’absence de planification et la vétusté criminelle des réseaux.

Patriotisme de pénurie : l’art de culpabiliser les pauvres

Le patriotisme est devenu en Guinée le refuge préféré des institutions en faillite. Quand plus rien ne fonctionne, on ne réforme pas, on ne sanctionne pas : on fait appel à “l’esprit citoyen”. Un concept fourre-tout qui permet de transformer chaque crise structurelle en problème comportemental.

Manque d’eau ? Ce n’est pas la faute d’un État absent. C’est le peuple qui gaspille.
Fuite sur les canalisations ? Ce n’est pas le réseau en ruine. Ce sont les ménages négligents.
Pression trop faible ? Ce n’est pas un manque d’investissement. Ce sont les citoyens qui ne ferment pas leur robinet.

La vérité est inversée. Et au lieu de présenter un plan concret, de faire un bilan des pertes techniques ou de révéler où sont passés les milliards injectés dans l’hydraulique, on prêche la sobriété comme un acte de patriotisme.

Mais où est passé l’État dans la gestion de l’eau ?

Les problèmes liés à l’eau en Guinée ne datent pas d’hier. Mais ils se sont aggravés avec le temps. Pourquoi ? Parce que l’eau est gérée comme un privilège, pas comme un droit. Parce qu’au lieu de moderniser les infrastructures, on préfère multiplier les contrats douteux, brader les marchés à des sociétés fictives, et offrir des postes de direction à des loyalistes politiques plutôt qu’à des ingénieurs compétents.

A LIRE >>  Repoussées d'une semaine, les élections législatives et communales auront lieu fin mai 2026

Le Fonds de l’Hydraulique, la SEG, le ministère concerné… tous ces organismes passent leur temps à produire des communiqués, jamais de résultats. Les zones rurales vivent dans la sécheresse organisationnelle la plus totale. Et en milieu urbain, les quartiers entiers sont rationnés pendant que les hôtels de luxe profitent de citernes privées.

Mais on veut que les citoyens soient “patriotes”… à coups de seaux.

Et pendant ce temps, l’eau coule à flots… là où il ne faut pas

Pendant que les femmes font la queue dès 5h du matin pour quelques litres, que les enfants ratent l’école faute d’eau à la maison, les institutions, elles, débordent d’indifférence. Le palais ne manque pas d’eau. Les villas des ministres non plus. Les 4×4 flambant neufs ? Lavés à grande eau. Les jardins privés ? Arrosés sans scrupules.

L’eau est abondante… pour ceux qui gouvernent. Mais pour ceux qui survivent, elle est un combat quotidien.

Et ce serait donc à eux qu’on demande d’être “patriotes” ?

Le vrai patriotisme, c’est de rendre des comptes

La sauvegarde de l’eau ne viendra pas de prêches ni de slogans. Elle viendra :

  • D’une réforme radicale du secteur de l’hydraulique.
  • De l’audit complet des fonds engloutis dans les projets d’adduction.
  • De l’arrêt de la politisation des directions techniques.
  • Et surtout, d’une volonté réelle de rendre l’eau accessible, propre et durable.

Ce n’est pas au peuple de porter seul cette mission. C’est à l’État de garantir ce droit fondamental. Et jusqu’ici, il échoue lamentablement.

On ne peut pas appeler au patriotisme quand on gouverne par l’abandon. On ne peut pas demander à un peuple de “sauver” une ressource que le pouvoir laisse fuir à tous les niveaux.

A LIRE >>  Repoussées d'une semaine, les élections législatives et communales auront lieu fin mai 2026

Alors oui, l’eau est précieuse. Mais la crédibilité aussi. Et ça, aucune goutte de propagande ne pourra la purifier.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

Author Signature for Posts

Exprimez-vous ! Réagissez à cet article maintenant avec Facebook

conakrylemag

Information à la Une en Guinée : l'actualité et l'information en direct sur conakrylemag.com. Infos politiques, internationales, économiques, ... Exprimez-vous ! Réagissez à cet article maintenant avec Facebook ou via le bloc commentaire. N'oubliez pas de partager nos articles merci ! Signalez réagissez : Vous pouvez contacter l’équipe de journalistes qui travaille à conakrylemag.com pour lui soumettre un texte, témoigner de ce qui vous est arrivé, signaler une information, relever une erreur, réagir à une actualité… Contactez-nous contact@ conakrylemag.com ou sur Twitter X @conakrylemag

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Bouton retour en haut de la page
Optimisé par Optimole
error: Le contenu est protégé !

Adblock détecté

Conakrylemag.com fonctionne grâce à la publicité. Veuillez désactiver AdBlock en navigant sur notre site. Merci pour votre soutien. Cliquez sur l'icône AdBlock, en haut à droite, et suivez les conseils ci-dessous.