
Célébration des « acquis » du CNRD à Boké : Abdoulaye Keita ou l’art de transformer la propagande en spectacle grotesque
À Boké, ces jours-ci, on ne célèbre plus les réussites d’un régime : on applaudit l’art consommé de la manipulation politique à grande échelle. Dernier exemple en date : la prétendue « célébration historique » des acquis du CNRD, orchestrée par le mouvement « La Guinée d’Abord », et soigneusement mise en scène par l’un de ses chefs d’orchestre, Abdoulaye Keita.
Une mobilisation « historique », vraiment ? Parlons plutôt d’une vaste opération de communication, bien ficelée, financée à coups de millions sortis d’on ne sait où, dans le seul but d’offrir au général Mamadi Doumbouya une illusion de popularité qu’il peine à obtenir naturellement.
Boké : nouvelle capitale de la propagande du CNRD
Cette mobilisation à Boké, décrite pompeusement par les organisateurs comme « historique », relève surtout du grotesque. L’événement, loin d’être spontané, porte tous les stigmates de ces rassemblements politiques artificiels que la Guinée connaît désormais trop bien : t-shirts distribués en masse, slogans uniformisés, banderoles imprimées à la chaîne, transport assuré par des cars affrétés à prix d’or.
Le scénario est connu : remplir les stades, mobiliser la jeunesse à coups de per diem et de promesses, filmer sous les bons angles, diffuser largement sur les médias officiels, et surtout éviter soigneusement les voix discordantes.
Abdoulaye Keita : organisateur ou propagandiste officiel ?
Derrière cette mascarade, un homme se distingue : Abdoulaye Keita, présenté comme « l’artisan » de cette mobilisation. Artisan, vraiment ? Plutôt metteur en scène habile d’une pièce politique aux ficelles grossières. Abdoulaye Keita n’organise pas une fête populaire, il orchestre méthodiquement la glorification d’un pouvoir militaire en mal de légitimité.
En récompense, sans doute, des faveurs et des positions confortables à venir. Car dans la Guinée du CNRD, la loyauté politique ne s’obtient jamais sans retour sur investissement.
Les fameux « acquis » du CNRD : parlons-en !
Qu’ont-ils donc célébré à Boké ? Les routes inexistantes ? L’électricité intermittente ? L’eau potable absente ? L’emploi introuvable pour les jeunes ? Ou peut-être cette démocratie qui agonise jour après jour sous les suspensions des partis d’opposition, les arrestations arbitraires, et la censure médiatique systématique ?
Ces « acquis » dont on nous parle avec tant de fierté ressemblent davantage à un mirage politique, soigneusement entretenu pour cacher l’échec global d’un régime incapable de tenir ses promesses initiales de refondation démocratique et sociale.
Mobilisation populaire ou populisme de façade ?
À Boké, on n’a pas assisté à une célébration citoyenne sincère, mais à une opération de marketing politique. Derrière les sourires figés et les slogans creux, chacun sait très bien que ce rassemblement artificiel ne reflète en rien la réalité du quotidien difficile des habitants de la région.
La vérité est ailleurs : dans les quartiers pauvres de Boké, où le chômage explose, où les services publics sont à l’abandon, où les citoyens sont davantage préoccupés par leur survie quotidienne que par les prétendus succès d’une junte au pouvoir.
Une opération coûteuse pour masquer les réalités
Combien cette mascarade a-t-elle coûté aux finances publiques ? Qui a financé ce rassemblement ? Quels budgets ont été mobilisés pour fabriquer artificiellement cette illusion populaire ? Aucune réponse claire, évidemment. Comme toujours avec ce régime, l’opacité financière règne en maître, surtout lorsqu’il s’agit de financer ses propres campagnes de propagande.
Pendant que le pays manque cruellement de tout, des sommes considérables sont investies pour célébrer des acquis imaginaires. Voilà la gestion à la sauce CNRD : propagande à outrance, réalisations en panne sèche.
La Guinée d’Abord : un slogan creux, une réalité sinistre
Derrière ce joli slogan, « La Guinée d’abord », se cache surtout une réalité bien plus sombre : celle d’un pays où le pouvoir instrumentalise la jeunesse, où les véritables préoccupations des Guinéens sont systématiquement ignorées, et où la célébration des acquis est inversement proportionnelle à leur réalité sur le terrain.
Ce rassemblement de Boké est symptomatique de cette dérive inquiétante : on fête les succès inexistants d’un régime en faillite morale et politique, on manipule les foules pour masquer l’incapacité réelle à gouverner efficacement.
À Boké, Abdoulaye Keita a peut-être réussi sa mobilisation « historique ». Mais ce qu’il a réellement réussi, c’est à prouver une fois de plus que la Guinée reste prisonnière d’un système politique où le mensonge, la manipulation et la propagande remplacent systématiquement les réalisations concrètes et les progrès réels.
La célébration des « acquis » du CNRD n’aura servi qu’à révéler une vérité dérangeante : ce régime n’a finalement pas grand-chose à célébrer, à part sa propre survie au pouvoir. Mais pour combien de temps encore ?
— conakrylemag




