CRIEF : 10 ans de prison requis contre Chérif Bah, une justice à double vitesse
CRIEF : 10 ans de prison requis contre Chérif Bah, une justice à double vitesse
La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a requis dix ans de prison contre Ibrahima Chérif Bah, ancien gouverneur de la Banque Centrale sous Lansana Conté. L’homme est accusé de détournement de fonds publics, une affaire qui traîne depuis plus de deux décennies et qui refait surface opportunément sous le régime du CNRD.
Mais soyons clairs : ce procès n’a rien d’une opération main propre. Il ressemble plutôt à une vendetta politique bien orchestrée, pendant que les scandales financiers actuels du régime passent sous silence.
Pourquoi Chérif Bah maintenant ?
L’affaire qui accable Chérif Bah n’est pas nouvelle. Elle date du régime Conté, a été réouverte sous Dadis, refermée sous Konaté, ressortie sous Alpha Condé, et maintenant, c’est la junte qui s’en sert pour faire croire à une lutte implacable contre la corruption.
Mais alors, pourquoi ce dossier revient-il encore sur la table ?
• Un écran de fumée ? Le régime veut occuper l’opinion avec de vieux dossiers, pendant que les milliards des ressources minières disparaissent discrètement.
• Un règlement de comptes ? Chérif Bah est un opposant du CNRD. Quoi de mieux qu’un procès retentissant pour l’écarter définitivement du jeu politique ?
• Une diversion ? Pendant qu’on parle de Chérif Bah, qui pose des questions sur les comptes opaques du CNRD, sur les surfacturations, sur les dépenses militaires incontrôlées ?
Une justice sélective, comme toujours
Si la CRIEF était vraiment indépendante, elle ne s’acharnerait pas uniquement sur les anciens dignitaires du RPG et les figures de l’opposition. Elle s’intéresserait aussi :
• Aux détournements sous la transition militaire.
• Aux enrichissements douteux de certains caciques du CNRD.
• Aux milliards évaporés dans des contrats opaques.
Mais non. En Guinée, la justice a toujours été l’arme des vainqueurs contre les vaincus.
Un signal clair pour l’opposition
Chérif Bah n’est pas le premier, et il ne sera pas le dernier. Ce procès envoie un message limpide : tout opposant politique peut se retrouver derrière les barreaux, sous prétexte de “lutte contre la corruption”.
Mais la vraie question est la suivante : qui jugera le CNRD demain, lorsque ce régime tombera à son tour ? Parce que l’histoire l’a prouvé : les bourreaux d’aujourd’hui finissent toujours par devenir les accusés de demain.
— conakrylemag




