Congrès gelé, l’UFDG suspendue à la décision de la Cour
Guinée : L’UFDG en Attente, la Cour Suprême Détiendra-t-elle la Clé du Congrès ?
Conakry, 9 juillet 2025 – Dans les couloirs du siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), à la Minière, l’attente se fait lourde. Militants, cadres et membres du Bureau exécutif national retiennent leur souffle, les yeux rivés vers la Cour suprême. L’avenir du congrès extraordinaire annoncé par le parti repose désormais entre les mains de la plus haute juridiction du pays.
L’UFDG, formation politique dirigée depuis deux décennies par Cellou Dalein Diallo, traverse un tournant décisif. Après avoir annoncé, il y a plusieurs semaines, la tenue d’un congrès pour désigner une nouvelle direction, le processus s’est brutalement heurté à une suspension par les autorités de la transition.
Un Congrès dans la tourmente
« Le congrès devait être un moment de renouvellement, un acte de vitalité démocratique », souffle un cadre du parti rencontré sous le hangar central du siège. Mais le ministère de l’Administration du territoire a bloqué l’élan. En cause : une contestation émanant d’un groupe dissident se revendiquant également de l’UFDG, qui réclame la reconnaissance officielle au même titre que l’équipe actuelle.
La Direction nationale du parti a saisi la Cour suprême pour trancher cette « querelle d’homonymie politique ». Les audiences ont été tenues, et le verdict est attendu dans les jours à venir. En attendant, toute initiative organisationnelle reste gelée.
Cellou Dalein Diallo dans l’expectative
Le leader historique du parti, exilé depuis mars 2022, suit de près l’évolution de la situation. De son côté, son entourage continue de mobiliser la base. « C’est un report technique, pas une annulation », tente de rassurer un membre du comité d’organisation. Pourtant, la tension est palpable.
D’autant plus que ce congrès n’est pas un événement anodin. Il devrait acter officiellement la succession de Cellou Dalein Diallo, ou tout du moins clarifier la gouvernance du parti à l’approche d’un éventuel retour à l’ordre constitutionnel en Guinée.
Un enjeu au-delà de l’UFDG
Au-delà du sort de ce congrès, c’est une partie de la stabilité politique du pays qui se joue. L’UFDG reste l’un des partis les plus structurés de l’opposition, avec une base populaire forte, notamment dans la région de la Moyenne-Guinée. Le blocage de ses activités pourrait accentuer les tensions déjà vives entre les partis politiques et les autorités de la transition, régulièrement accusées de restreindre les libertés politiques.
Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers la Cour suprême. Sa décision dira si le congrès peut se tenir avec la direction actuelle ou si une recomposition politique plus profonde est inévitable.
— conakrylemag




