
Guinée : la société civile exige la fin des kidnappings, le CNRD sous pression
Le climat d’insécurité en Guinée atteint un niveau alarmant. Alors que les arrestations arbitraires et les enlèvements ciblés se multiplient, des acteurs de la société civile montent au créneau pour dénoncer ces dérives et réclamer des garanties de sécurité pour les citoyens.
Depuis plusieurs mois, les enlèvements d’opposants politiques, d’activistes et de journalistes se sont intensifiés, créant un climat de terreur orchestré par un régime qui n’a plus que la force comme argument de gouvernance.
Face à cette situation, la société civile exige une réponse immédiate, mais le CNRD, acculé, fait la sourde oreille.
Un État de non-droit où les kidnappings deviennent une arme politique
Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, la Guinée ressemble de plus en plus à une zone de non-droit. Des citoyens sont enlevés en pleine rue, transportés vers des destinations inconnues et parfois torturés avant d’être relâchés ou maintenus en détention illégale.
L’affaire Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée, kidnappé, torturé puis abandonné en brousse, a révélé la brutalité du système répressif du CNRD. Et il n’est pas un cas isolé :
- Foniké Mengué et Billo Bah, figures de la contestation, ont été enlevés en 2024 sans motif valable.
- Saadou Nimaga, ancien secrétaire général du ministère des Mines, a été disparu avant de réapparaître sous surveillance stricte.
- Habib Marouane Camara, journaliste, a été interpellé sans explication officielle.
Si aujourd’hui des acteurs de la société civile réclament plus de sécurité, c’est parce qu’en Guinée, personne n’est à l’abri d’un enlèvement commandité par l’État.
Le CNRD gouverne par la terreur et le silence
La stratégie est claire : faire peur pour empêcher toute contestation. En enlevant des figures publiques et en instaurant un climat de paranoïa, le régime envoie un message à tous ceux qui osent s’opposer.
Mais jusqu’à quand ce régime de la peur tiendra-t-il avant que la frustration populaire n’explose ?
Les organisations de la société civile préviennent : si ces exactions continuent, le pays risque d’entrer dans une nouvelle phase d’instabilité, où la colère accumulée finira par éclater dans les rues.
Un régime qui ignore les appels, jusqu’à quand ?
Le CNRD n’a jusqu’ici donné aucune réponse à ces revendications. La junte sait que si elle cède sur ce point, elle ouvre une brèche qui pourrait faire tomber tout son système répressif.
Mais le silence du pouvoir ne pourra pas durer éternellement. À force d’humilier, de réprimer et de terroriser la population, le CNRD risque de précipiter sa propre chute.
La question n’est plus de savoir si ce régime tiendra encore longtemps, mais combien de temps les Guinéens accepteront encore de subir cette dictature militarisée.
— conakrylemag




