Enquête : « A Soronkoni, on nous donnait des machettes pour défricher le camp », raconte un mineur de 17 ans.
kidnapping à soronkoni

Enquête : « A Soronkoni, on nous donnait des machettes pour défricher le camp », raconte un mineur de 17 ans.

Une enquête de nos confrères de mosaiqueguinee.com sur le camp Soronkoni très alarment et un témoignage très poignant sur les conditions de détention.

«A Soronkoni, on nous donnait des machettes pour défricher le camp. Ceux qui refusaient prenaient 50 coups sur les fesses », c’est ce que raconte Mamadou Baillo Diallo, un mineur de 17 ans, arrêté avec 12 jeunes dans la nuit du Mardi 24septembre à Taouyah par une brigade mixte. Après sa libération, notre reporter Bah Sékou a rencontré ce mineur dans sa famille.

Très mal en point, tenu par deux de ces frères, il peine à s’assoir sur les fesses. Lui et un autre jeune racontent leur séjour de 12 jours au camp de Soronkoni.

Mamadou Bailo Diallo est un élève de la 12ème âgé de 17 ans. Le 24 septembre dernier aux environs de 21h alors qu’il faisait du thé avec ses frères dans le secteur Jean-Paul 2, une brigade de patrouille nocturne débarque dans le quartier Taouyah. Lui et 12 autres jeunes sont arrêtés et conduits au PM3 de Matam. De là-bas, ils prennent une autre direction et roulent toute la nuit pour arriver dans une base militaire. C’est le camp de SoronKoni : « A Soronkoni, on nous donnait des machettes pour défricher la brousse. J’ai défriché haaa. A 11 heures, j’avais mal à la tète et j’ai dit à l’officier que j’ai mal à la tète et que je ne pouvais plus travailler aujourd’hui. Il a dit ah bon ! Tu ne veux pas travailler ? Viens ici. Tu vas recevoir 50 coup mais mon frère est venu et il lui a botté 50 coup sur les fesses ».

Comme ce mineur, Leno Justin Tamba, diplômé en gestion informatique dit avoir été dépouillé de tous ses biens par la brigade mixte qui l’a mis aux arrêts. Il se souvient encore de la cellule dans laquelle il a passé la nuit à la CMIS de Camayenne : « dans cette cellule, je ne pouvais pas me coucher et je ne pouvais pas aussi me tenir débout. C’est sale, y a l’urine dedans mais tellement que j’étais fatigué, finalement j’ai eu le courage de me coucher par terre. Y avait les punaises, les moustiques, la nuit et il faisait chaud aussi. C’était une petite pièce de huit mètres carrés où ils ont mis plus de huit personnes. Ça m’a étouffé par ce que moi j’ai la sinusite ».

Après avoir sillonné Conakry pendant plus deux heures, Leno Tamba indique qu’ils sont rentrés dans un endroit qu’il ne connaissait pas bien, mais retient que les hommes en uniforme se sont dotés des armes : « on rentre dans un lieu, je ne savais pas si c’était une cour où un camp militaire. Mais c’est à ce niveau, dans ce lieu qu’on leur a remis les armes, les gendarmes qui étaient avec nous dans la voiture. Ils étaient au nombre de huit personnes. On ne soulevait pas la voix. On est sorti de Conakry. On n’a roulé, roulé. On voyait les herbes dans la nuit mais on ne se rendait pas compte. A chaque fois qu’on arrivait dans un village où dans une ville, on nous disait de se coucher et de fermer les yeux pour ne même pas savoir où on était et où on nous envoie ».

Au petit matin, ils arrivent dans un camp militaire. Des bérets rouges sur instruction d’un commandant robuste, procèdent à une fouille corporelle dans une salle mal éclairée. : « Dans la salle, les bérets rouges sont rentrés avec un commandant et ils ont procédé à des fouilles de certains qui avait leurs biens sur eux. Et ils ont déshabillé certains. Si tu as un pantalon, on t’enlève. Quand le chef de bataillon est rentré, certains ont répondu, d’autres non. Il a dit ; ah bon vous me saluez pas, il a enlève son ceinturon et il a commencé à frapper tout le monde. Il est sorti et il a dit, la prochaine fois que vous ne me saluez pas, chacun de vous aura 50 coups, 50 coups ».

La nourriture, l’hébergement, rien ne ressemblaient à ceux qu’ils ont laissé derrière eux à Conakry. Un souvenir qu’il garde encore en mémoire : « La salle, y avait des débris, des bêtes et des peaux des animaux tués. Et on n’était tout le temps couché. Il n’y avait que deux positions : coucher soit assis, genoux pliés. Tu ne pouvais pas te promener. On se couche à 16 heures, on ne voyait pas la lumière. Tu dors. À 0 heure, tu penses qu’il fait jour. Tu te réveilles, tu restes assis jusqu’à 7 heures-10 heures avant qu’ils ne viennent ouvrir la porte ».

Les autres jeunes que j’ai pu rencontrer, ne se sont pas exprimés sur le sujet. Ils m’ont tout simplement confiés qu’ils ignorent les raisons de leur arrestation.

Source Bah Sékou.Mosaiqueguinee.com

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