En exil à Abidjan, l'ex-président déchu Blaise Compaoré obtient la nationalité ivoirienne
© Dieter Nagl, AFP | L'ex-président burkinabè Blaise Compaoré, en visite en Autriche, en 2013.
© Dieter Nagl, AFP | L'ex-président burkinabè Blaise Compaoré, en visite en Autriche, en 2013.

En exil à Abidjan, l’ex-président déchu Blaise Compaoré obtient la nationalité ivoirienne

Alassane Ouattara a accordé la nationalité ivoirienne à son ancien homologue burkinabè Blaise Compaoré, en exil à Abidjan, après avoir été chassé du pouvoir en 2014. L’annonce a été publiée au journal officiel il y a plus d’un mois.

L’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis la chute de son régime en octobre 2014, a obtenu la nationalité ivoirienne après en avoir fait la demande, ont rapporté mardi 23 février les médias nationaux.

“Monsieur Compaoré Blaise, né le 3 février 1951 à Ouagadougou […] est naturalisé ivoirien”, établit un décret publié dans le journal officiel ivoirien le 18 janvier 2016, mais rapporté par les médias ivoiriens ce mardi.

Ce décret, signé par le président ivoirien, Alassane Ouattara, est cependant daté du 17 novembre 2014, soit moins d’un mois après la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014 à la suite d’une insurrection populaire – après 27 années de règne au Burkina Faso.

François Compaoré, le frère cadet de Blaise, a également demandé et obtenu la naturalisation ivoirienne, selon le journal officiel.

“Excellente relation de fraternité”

Le président Ouattara avait qualifié en décembre dernier la présence de son invité de “tout à fait normale”, vantant “l’excellente relation de fraternité et de coopération” entre les deux pays voisins.

Blaise Compaoré, inculpé d’attentat contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et complicité de recel de cadavre, est visé depuis décembre 2015 par un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans la mort de l’ancien chef d’État Thomas Sankara.

“Parmi les causes qui peuvent entraîner le refus d’extradition il y a par exemple la peine de mort” requise par le code pénal burkinabè pour la complicité d’assassinat, avait souligné le commissaire du gouvernement du Burkina, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou. “Rien que pour cette raison, la Côte d’Ivoire pourrait en venir à refuser l’extradition”, avait expliqué l’officier.

Thomas Sankara et 12 de ses compagnons ont été tués le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir.

 

Avec AFP

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