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GUINE POLITIQUE : A deux semaines du scrutin présidentiel, la Guinée s’apprête à commémorer le sixième anniversaire du massacre au stade du 28 septembre.

 

À cette occasion, six organisations défenseuses des droits de l’Homme appellent dans une déclarion commune, l’ensemble de la classe politique guinéenne à placer au centre de ses priorités la poursuite de la lutte contre l’impunité et la réforme de la justice. Elles invitent au prochain gouvernement de fournir à la justice tous les moyens nécessaires pour qu’un procès du 28 septembre puisse se tenir, dès 2016, dans les meilleures conditions.

 

Il s’agit de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch (HRW), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH), l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA), Mêmes droits pour tous (MDT), et Coordination des organisations de défense des droits de l’Homme (CODDH).
 

« En moins d’une année, les juges d’instruction en charge de cette affaire ont pu poser des actes majeurs qui ont changé la physionomie du dossier. Six nouvelles personnes ont été inculpées au cours de l’année écoulée, dont l’ancien chef de la junte du CNDD, M. Moussa Dadis Camara, et son vice-président, M. Mamadouba Toto Camara. Tous deux sont désormais formellement mis en cause et comparaîtront devant la justice. Nous nous acheminons désormais vers un procès, qui devra être crédible et satisfaisant pour l’ensemble des victimes », a déclaré Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA.

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Et de poursuivre : « s’il reste encore des actes importants à poser, parmi lesquels l’audition de plusieurs témoins clés et l’arrestation de l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara, Toumba Diakité, toujours en fuite, la plupart des éléments semblent désormais réunis pour qu’un procès puisse débuter dans les meilleurs délais ».

 

Pour Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH : « les victimes, leurs avocats de la FIDH et de l’OGDH et nos organisations nourrissent aujourd’hui l’espoir de bientôt voir ces six années d’enquêtes déboucher sur un procès qui permettra enfin d’obtenir justice et réparation. Les candidats à la présidentielle doivent s’engager publiquement à ce que le procès du 28 septembre se tienne en 2016 et que l’impunité ne gagnera pas  »,

 

Pour sa part, Abdoul Gadiry Diallo, porte-parole de l’OGDH a déclaré que « le contexte électoral ne doit surtout pas freiner le travail de la justice dans le dossier du 28 septembre ou entraver le processus de réforme enclenché. Un consensus politique pour faire de la lutte contre l’impunité un objectif partagé par tous doit au contraire émerger pour que la Guinée puisse poursuivre sa route vers la construction d’un Etat de droit ».

 

Corinne Dufka, directrice pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch estime que « la Guinée a l’opportunité de montrer au monde que les auteurs de crimes graves peuvent être traduits en justice avec succès devant les tribunaux nationaux. Le règlement de l’affaire serait un brillant exemple  [du principe] de complémentarité de la CPI. Le gouvernement guinéen devrait saisir cette occasion pour témoigner un soutien politique fort à cette affaire afin de s’assurer que justice soit rendue pour les événements tragiques de septembre 2009 ».

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