Les perles de sankaraPolitique

La politique n’est pas une histoire de débats d’idées encore moins une affaire d’enfants de choeur.

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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

La politique n’est pas une histoire de débats d’idées encore moins une affaire d’enfants de choeur. La preuve, à côté des épidémies et des accidents de circulation, c’est le secteur d’activité qui s’illustre de manière fracassante dans l’art d’envoyer ses acteurs dans l’autre monde. Le combat politique ici se déroule au premier degré.

C’est pour une bonne partie de ceux qui s’y engagent une question de vie ou de mort; le poil du nez ! Il n’est que de voir comment les députés titulaires se méfient de leurs suppléants, ou comment les ministres nouvellement nommés s’empressent de faire un pèlerinage au village pour « chercher des bénédictions ».

La sorcellerie a gangrené la vie politique au point d’occulter les débats d’idées ou la confrontation des compétences. Il faudrait introduire dans nos lois une nouvelle disposition qui stipulerait qu’un député suppléant ne peut remplacer un titulaire qu’en cas de nomination de ce dernier à d’autres fonctions (forcément plus hautes que celles de député). Si le titulaire décède, il sera procédé à des élections partielles.

Ainsi les gris-gris ne seront que bénéfiques pour les titulaires. Un pays d’Afrique centrale aurait déjà adopté une clause similaire pour  »humaniser » les rapports entre titulaires et suppléants.

Le rendez-vous des législatives du 16 février 2020 sera aussi celui des spécialistes en géomancie, des marabouts, des gourous et des tradipraticiens guinéens comme étrangers. En la matière, c’est comme l’assistance technique; plus le spécialiste vient de loin, plus sa réputation est cotée. Autant les campagnes seront sillonnées pour courtiser les électeurs, autant les carrefours seront bientôt jonchés de colas, de cauris, de poulets et autres têtes de mouton.

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Cette dérive malsaine semble avoir pris de l’ampleur depuis que la politique est devenue la voie facile de promotion sociale. L’intellectuel, l’opérateur économique, le technicien supérieur n’est rien devant l’homme politique du camp des vainqueurs. Et comme l’alternance ne vient jamais à l’esprit d’un parvenu politique, tous les moyens sont bons pour s’accrocher et s’incruster. Les ingrédients des gris-gris étant de plus en plus corsés, on en arrive parfois à des extrémités des plus abominables.

Si tant d’énergie était dégagée non pas dans l’animosité, mais dans le développement du pays, la vie ne serait pas dure en Guinée et le débat politique aurait été moins insipide. On peut être pauvre et ne pas être pauvre d’esprit. Le vrai challenge dans ces élections à venir, c’est que les protagonistes restent dans leur rôle de simples adversaires.

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