Ousmane Gaoual, le prédicateur moraliste : Quand l’hôpital se moque de la charité
Il fallait oser, Ousmane Gaoual Diallo l’a fait. Celui qui incarne aujourd’hui avec zèle le visage autoritaire et rigide d’un régime militaire plus préoccupé par la répression que par la démocratie, se permet désormais de sermonner le camp Alpha Condé sur la nécessité de « se conformer aux règles ». On se pince pour y croire. Ousmane Gaoual, ministre porte-parole d’une junte militaire qui bafoue chaque jour les libertés fondamentales, donnant des leçons de morale à ses adversaires ? Voilà une farce politique dont seuls les Guinéens, habitués aux retournements grotesques, peuvent apprécier l’ironie mordante.
Quand le maître des incohérences joue les donneurs de leçons
Entendre Ousmane Gaoual Diallo rappeler l’importance de « se conformer aux règles » relève purement et simplement d’une provocation. Car de quelles règles parle-t-il exactement ? De celles que son régime militaire invente et bafoue à volonté, ou de celles qu’il utilise cyniquement pour justifier la répression politique, l’emprisonnement arbitraire d’opposants, et la fermeture des médias indépendants ?
Soyons sérieux un instant : Ousmane Gaoual n’est certainement pas la voix la plus crédible pour sermonner qui que ce soit sur le respect des règles démocratiques ou de l’État de droit. Depuis son entrée au gouvernement du CNRD, il a systématiquement tourné le dos à ses propres principes démocratiques, devenant la caution intellectuelle et médiatique d’une dictature militaire qui écrase toute contestation.
Alpha Condé, coupable idéal pour masquer ses propres dérives
Il est bien commode pour Ousmane Gaoual de pointer du doigt les dérives passées du régime d’Alpha Condé. Certes, les excès autoritaires de l’ancien régime sont incontestables et méritent d’être condamnés sans réserve. Mais cela donne-t-il pour autant le droit à Ousmane Gaoual Diallo, aujourd’hui complice actif des abus du pouvoir militaire, de se poser en gardien moral et légal de la Guinée ?
L’ancien opposant devenu ministre se permet ainsi de rappeler aux partisans d’Alpha Condé l’importance du respect des règles, alors même qu’il cautionne au quotidien des violations flagrantes des libertés individuelles, une instrumentalisation de la justice sans précédent, et l’asphyxie de toute opposition crédible par le régime auquel il participe activement. Cette hypocrisie dépasse l’entendement.
Un moralisateur au service d’un régime immoral
En réalité, derrière cette posture de donneur de leçons, Ousmane Gaoual Diallo tente surtout de détourner l’attention des graves problèmes démocratiques actuels auxquels son gouvernement est incapable de répondre. Lui-même, autrefois défenseur bruyant des libertés fondamentales, est aujourd’hui devenu le porte-voix officiel d’une junte militaire sans scrupule, qui piétine quotidiennement ces mêmes libertés. Le voir aujourd’hui en position de moralisateur, rappelant aux autres la nécessité de respecter les règles démocratiques, est un sommet d’indécence.
Monsieur le ministre, vous parlez de règles ? Parlons-en sérieusement : qu’en est-il des règles que votre gouvernement bafoue quotidiennement ? Qu’en est-il des arrestations arbitraires d’opposants, de l’interdiction abusive des manifestations, de l’intimidation permanente des médias indépendants et de la société civile ? Votre silence complice face à ces violations quotidiennes ne vous donne aucune légitimité morale pour sermonner quiconque.
La morale sélective du ministre Gaoual
La vérité est cruelle : Ousmane Gaoual n’est moraliste que lorsqu’il s’agit de condamner ses adversaires politiques. Mais lorsqu’il s’agit de critiquer les dérives autoritaires évidentes du régime qu’il sert, il devient soudainement muet, sourd et aveugle. Cette morale sélective et cette indignation à géométrie variable illustrent parfaitement l’état de décomposition morale et intellectuelle dans lequel se trouve aujourd’hui la classe politique guinéenne.
Ainsi, ce ministre qui, autrefois, dénonçait avec force les dérives du régime Condé, reproduit aujourd’hui exactement les mêmes comportements qu’il combattait hier. Cette hypocrisie éhontée mérite d’être dénoncée avec force, car elle contribue directement à la décrédibilisation totale du discours politique en Guinée.
Une leçon de morale qui résonne comme une provocation
En osant sermonner publiquement le camp Alpha Condé, Ousmane Gaoual ne fait finalement qu’exacerber les tensions politiques actuelles en Guinée. Plutôt que de jouer les prédicateurs moralistes, il ferait mieux de commencer par balayer devant sa propre porte, en s’interrogeant sur son rôle personnel dans le régime autoritaire qu’il défend aujourd’hui avec tant de zèle.
Les Guinéens, eux, ne sont pas dupes. Ils savent parfaitement distinguer les leçons sincères des manipulations politiciennes cyniques. Et celle délivrée aujourd’hui par le ministre Gaoual appartient clairement à la seconde catégorie. Cette sortie médiatique maladroite risque bien de se retourner contre lui, en rappelant à tous qu’il n’est aujourd’hui que l’ombre du militant démocratique qu’il prétendait être autrefois.
Ousmane Gaoual ou l’art périlleux de l’hypocrisie politique
Oui, monsieur le ministre, il est « important de se conformer aux règles ». Mais pour avoir l’autorité morale de prononcer une telle phrase, il faut soi-même être irréprochable. Or, vous êtes aujourd’hui tout sauf irréprochable. Vous avez volontairement accepté de devenir l’un des visages publics d’une dictature militaire qui ignore chaque jour un peu plus ces mêmes règles que vous prétendez défendre.
Cette morale sélective, cette hypocrisie flagrante, cette arrogance de donneur de leçons, vous éloignent chaque jour davantage de ce que vous prétendiez incarner autrefois. Vous avez fait le choix, monsieur le ministre, de servir un régime qui bafoue systématiquement les principes fondamentaux de démocratie et d’État de droit. Assumez-le jusqu’au bout, et épargnez aux Guinéens votre fausse indignation morale.
Les citoyens de Guinée méritent mieux qu’un ministre porte-parole d’une dictature qui se donne des airs de prédicateur moral. Ils méritent une classe politique cohérente, honnête, et fidèle à ses principes. Tout ce que vous n’êtes visiblement plus, monsieur Ousmane Gaoual Diallo.
— conakrylemag




