Les Chefs d'État africains, ou plus exactement certains d'entre eux, ont toujours la hantise des coups d'État militaires.
Un convoi militaire ougandais
Un convoi militaire ougandais entre en territoire sud-soudanais à Nimule pour évacuer les Ougandais bloqués à Juba, le 14 juillet 2016 | AFP | ISAAC KASAMANI

Les Chefs d’État africains, ou plus exactement certains d’entre eux, ont toujours la hantise des coups d’État militaires.

Dans la plupart des pays africains, les forces de défense et de sécurité sont majoritairement composées des membres du clan, de la tribu ou de l’ethnie du Président de la République. De même, les postes de commandement sont occupés par des hommes en qui le “Chef” pense pouvoir faire une confiance totale pour assurer sa sécurité. Ils appartiennent d’une manière générale au même groupe.

Et très souvent d’ailleurs, le “Chef” forme autour de lui une garde prétorienne dont les membres sont presque tous issus de son entourage familial immédiat. Parfois, on procède, à un certain saupoudrage en faisant appel à des membres d’autres groupes pour ne pas être accusé de les exclure.

À première vue, on peut comprendre cette situation quand on sait que les risques de coups d’État ne sont jamais à minimiser ou à exclure. En effet, bien qui y ait aujourd’hui des instruments juridiques africains qui prohibent la prise du pouvoir par des moyens contraires à la constitution, les Chefs d’État africains, ou plus exactement certains d’entre eux, ont toujours la hantise des coups d’État militaires. Ils sont donc persuadés que leur sécurité et la survie de leurs régimes ne sont jamais mieux assurées par les leurs.

La composition clanique, tribale ou ethnique des forces de défense et de sécurité laisse croire à leurs membres qu’ils sont moins au service de la République qu’à celui du clan, de la tribu ou de l’ethnie.Pour eux, défendre le régime en place ne relève pas d’un quelconque devoir républicain. Il s’agit de défendre les intérêts du clan, de la tribu ou de l’ethnie.

C’est aussi simple que cela. Ainsi, les opposants au régime sont traités comme des opposants au clan, à la tribu ou à l’ethnie. C’est d’ailleurs de manière impropre qu’on parle “d’armées républicaines ou d’armées nationales” ” dans ces pays où les éléments des forces de défense et de sécurité sont plus des militants que des hommes en uniforme au service de la communauté nationale.

C’est pourquoi, la composition des armées en Afrique présente un enjeu majeur et doit être une priorité lorsqu’on veut que celles-ci jouent le rôle de véritables armées nationales et républicaines. L’étiquette ” d’armées nationales et républicaines ” n’est pas suffisante.

Il faut s’intéresser aussi et surtout au “contenu” des armées. Une armée composée majoritairement d’un groupe clanique, tribal ou ethnique ne rassure pas les autres composantes de la nation. Les programmes de réforme du secteur de la sécurité doit impérativement prendre en compte cet aspect très important de la question.

Par Me Mohamed Traoré /facebook

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