Lorsqu’on parle de la corruption en Guinée, ce sont les corrupteurs qu’on oublie le plus

Lorsqu’on parle de la corruption en Guinée, ce sont les corrupteurs qu’on oublie le plus

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Lorsqu’on parle de la corruption en Guinée, ce sont les corrupteurs qu’on oublie le plus. Ils ne sont jamais indexés. Parce que le plus souvent, nous qui en parlons, en faisons partie. C’est nous jeunes diplômés en quête d’emplois qui attendons une faveur d’un oncle au service du système.

Pour nous, c’est une preuve de gentillesse et rien de plus. Nous ignorons qu’il ne détient pas le programme de recrutement pour la fonction publique et n’est habilité à offrir aucun poste dans l’administration.


C’est nous jeunes fonctionnaires assez mal payés, qui comptons sur les prébendes des détournements de fonds opérés au détriment des projets communs. Nous sommes juste à côté et implorons même la grâce de Dieu pour que l’occasion soit donnée à notre directeur d’utiliser un montant en sa et notre faveur.

C’est nous qui tous les jours dans les hôpitaux, proposons des petites sommes d’argent, pour bénéficier des privilèges des médecins et infirmiers.


C’est nous qui tous les jours dans la circulation, contournons le trésor lorsque nous sommes en infraction, pour payer moins. C’est nous qui dénonçons et apprécions les mêmes tricheurs selon notre humeur.


C’est nous magistrats, qui jugeons selon la loi de l’offre. On s’en fou du code de procédure, lui-même vendu au prix de la honte.
C’est nous journalistes politiques, qui nous plaisons dans la flagornerie, qui ne fouillons et dénonçons pas assez les comportements louches de certains commis de l’Etat.


C’est nous journalistes culturels, qui ne faisons pas d’efforts pour la recherche d’informations concernant le secteur des arts, de la culture et du patrimoine historique, nous qui ne faisons pas plus que l’animation musicale.


C’est nous journalistes sportifs, qui n’allons pas au-delà des commentaires sur les matchs, nous qui n’avons aucun esprit critique sur la gestion des différentes fédérations sportives de notre pays. Nous qui menons le combat de nos grands protecteurs, acheteurs de billets d’avion pour les grands rendez-vous sportifs internationaux.


C’est nous citoyens perdus enfin dans ce mélimélo de pseudos intellectuels, qui donnent l’impression d’œuvrer pour l’intérêt général. Et voilà, tous les jours, nous sommes presqu’obligés d’ovationner les voleurs. Les mêmes qui vous annoncent avoir bénéficié des dons de nos partenaires financiers, viennent vous dire, oh non au fait il s’agit d’un prêt que nous peuple sommes appelés à rembourser dardar. Nous n’avons pas à poser de questions, de toutes les façons, aucune ne sera répondue.


Nous continuons à lire le coran et la bible pour que les mêmes soient gouvernants, parce que nous espérons avoir à chaque cérémonie notre part du fruit d’une iniquité sans pareil dans ce montant volé. On nous dit l’argent perçu en notre nom, se trouve dans les mains de n’importe qui, ça ne choque personne.

Nous n’osons pas en parler, craignant qu’un jour nous ne soyons reçus dans le cercle restreint des destructeurs de l’économie nationale.


Nous sommes en réalité le premier problème. Que rien ne nous étonne. Lorsque nous ne nous montrons pas capables de renoncer à nos jeux de dupes, les grands voleurs maintiendront notre pays dans sa situation impécunieuse.

Et nous dans une misère, une obscurité et une insalubrité indescriptibles.

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