
Enlèvement de Me Traoré : quand le ministre de la Justice feint l’ignorance pour couvrir un régime complice
Silence officiel. Défense neuneu. Voilà le spectacle qu’a offert le ministre de la Justice, Yaya Kairaba Kaba, après l’enlèvement brutal de Me Mohamed Traoré. Selon lui, “je n’ai pas été saisi”, “je l’ai appris sur Facebook”, aucun contact du Barreau, aucun signalement formel” .
L’hypocrisie en marche
Voici un garde des sceaux qui déclare n’avoir jamais été informé d’un enlèvement d’un ancien bâtonnier, torturé, jeté au milieu de la brousse, abandonné… une affaire qui fait aujourd’hui trembler le pays et déplace la société civile .
Un ministre qui découvre l’affaire sur Facebook, alors même que des avocats harassés, la famille du disparu, et le Barreau sont en état d’alerte. Quelle honte institutionnelle, quelle construction de l’impunité !
Ministre ou acteur du simulacre ?
Son discours n’est pas un démenti : c’est une justification politique. Il refuse de s’auto-saisir, se cache derrière un formalisme creux, comme si le droit n’était qu’un jeu de procédures. Et pendant ce temps ? Les criminels, eux, agissent dans la nuit.
Que fait la justice quand ses propres principes – sanctionner les enlèvements, rétablir l’État de droit – sont foulés au pied ? Rien. Elle se tait. Elle temporise. Elle invente des excuses.
Un régime toujours plus autoritaire
Cette posture n’est pas un bug : c’est la stratégie du régime. Le CNRD n’organise pas seulement des enlèvements : il les planifie, les couvre et les dissimule derrière un rideau bureaucratique.
Cela fait des mois que des voix alertent : militants, journalistes, avocats. Tous dénoncent les logiques de la disparition, de la torture, de la peur institutionnalisée . Et à chaque fois, la même posture : ni crime, ni coupable, seulement un déni officiel.
De qui se moque-t-on ?
Plus encore : le CNRD réclame de l’aide pour organiser des élections , comme si ce signalement d’un citoyen libre était plus grave qu’un homme kidnappé, torturé, jeté comme une ordure… La farce est à son comble.
Conclusion ? Non, une alarme.
Mais ce n’est pas une conclusion : c’est une alerte.
Quand le ministre de la Justice se transforme en spectateur complice, quand il feint la cécité et l’ignorance, il assassine le droit. Lorsqu’il zap la victime, quand il préfère la forme au fond, il sacrifie la justice.
Le CNRD est à découvert : il n’a ni État de droit, ni légitimité, ni intention de respecter ses engagements. Et chaque silence d’autorité est une pierre ajoutée à son mausolée de barbarie.
— conakrylemag




