Vague d’interpellations à l’UFDG : Quand la junte confond opposition politique et terrorisme d’État

Vague d’interpellations à l’UFDG : Quand la junte confond opposition politique et terrorisme d’État
En Guinée, la démocratie s’éteint chaque jour un peu plus. Ce jeudi, plusieurs militants et cadres de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) ont été brutalement interpellés par les forces de sécurité. La raison officielle ? Aucune. Le motif réel ? Avoir osé s’opposer au régime militaire en place.
Face à cette nouvelle vague de répression, les avocats du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo sont immédiatement montés au créneau. Dénonçant des arrestations arbitraires et politiquement motivées, ils mettent le doigt sur une évidence que le régime tente vainement de dissimuler : la criminalisation systématique de l’opposition en Guinée.
Arrestations arbitraires : un classique du régime
Ces interpellations ne sont ni isolées ni fortuites. Elles interviennent précisément au moment où le pouvoir s’apprête à annoncer officiellement la suspension de l’UFDG, après avoir déjà neutralisé le RPG et l’UFR. La stratégie est simple : décapiter l’opposition, museler ses voix les plus actives, et instaurer un climat de peur générale.
Les avocats du parti dénoncent clairement une instrumentalisation de la justice. « Ces arrestations sont politiques, abusives et injustifiées », ont-ils immédiatement réagi. Mais qui les écoute ? Certainement pas les juges, encore moins les autorités militaires, qui semblent avoir remplacé le droit par la matraque.
Une chasse aux sorcières déguisée en maintien de l’ordre
En ciblant précisément l’UFDG, le régime ne se trompe pas de cible. Le parti de Cellou Dalein Diallo reste l’un des derniers bastions de contestation crédible. Sa neutralisation temporaire ou définitive constitue donc un objectif prioritaire du régime Doumbouya. La vague d’arrestations actuelles n’est qu’une étape supplémentaire dans une stratégie de répression méthodique.
Derrière ces interpellations, c’est aussi la terreur qui s’installe durablement dans les rangs des militants. Le message du pouvoir est limpide : « Si vous osez vous opposer, vous finirez derrière les barreaux ». Une logique qui n’a rien à envier aux dictatures les plus brutales.
Avocats mobilisés : la défense de la démocratie face à l’arbitraire
Face à ce rouleau compresseur, les avocats de l’UFDG sont devenus les ultimes gardiens de ce qu’il reste d’État de droit. Mobilisés en urgence, ils multiplient les démarches judiciaires et alertent les institutions internationales. Mais leur voix, bien que courageuse, semble perdue dans le tumulte orchestré par le régime. « Ces arrestations sont une grave atteinte aux libertés publiques fondamentales », répètent-ils. Mais en Guinée, aujourd’hui, qui entend encore la voix du droit ?
La démocratie assassinée en silence
La communauté internationale ferme les yeux, les institutions régionales murmurent leur inquiétude sans agir, et les citoyens ordinaires subissent. La suspension imminente de l’UFDG combinée aux interpellations massives dans ses rangs constituent une escalade dangereuse et sans précédent. La démocratie guinéenne agonise, étranglée par la brutalité d’un régime militaire qui ne veut plus de témoins gênants à son pouvoir absolu.
Quelle issue pour l’opposition ?
Si la stratégie répressive du pouvoir paraît fonctionner à court terme, elle porte en elle-même les germes d’un soulèvement futur. Emprisonner les militants ne tue pas l’opposition, elle la radicalise. Le régime croit gagner du temps en enfermant ses adversaires, mais il ne fait que retarder l’explosion sociale qui, inévitablement, se produira.
L’UFDG, même suspendue, reste puissante dans la conscience collective. L’arrestation de ses membres ne fait que renforcer son capital de sympathie populaire, et tôt ou tard, cette colère se transformera en mobilisation massive.
En attendant, en Guinée, la liberté d’opinion se paye désormais en jours de prison, les avocats deviennent des défenseurs de causes perdues, et l’opposition réelle, elle, se conjugue désormais au conditionnel.
Ce n’est plus une transition, c’est une tragédie politique et démocratique en direct.
— conakrylemag




