Africités: Lancement du réseau panafricain sur la migration
Des migrants sont rescapés dans les eaux de la Méditérranée, le 5 août 2015. © AP/SIPA
Des migrants sont rescapés dans les eaux de la Méditérranée, le 5 août 2015. © AP/SIPA

Africités: Lancement du réseau panafricain sur la migration

Le Réseau panafricain sur la migration chargé de défendre les intérêts des migrants sur le continent et au-delà, a été lancé lors du septième sommet Africités en cours dans la ville sud-africaine de Johannesburg.

Une session sur la situation des migrants africains s’est tenue mardi au cours de laquelle les délégués ont partagé leurs expériences et fait des recommandations sur les objectifs dudit réseau avant son lancement officiel à la fin du séminaire.

Le réseau panafricain se veut la version africaine du Forum Social Mondial des Migrations. Il a comme objectifs la promotion et la protection des droits des migrants africains qui ont voyagé vers d’autres pays africains et d’autres continents. Il réunira plusieurs associations de migrants et les collectivités locales dans un cadre de concertation et de collaboration au bénéfice des migrants.

Le Réseau panafricain compte sur le soutien et la collaboration des institutions telles que l’Union africaine, l’Union européenne et des Nations Unies pour réaliser sa mission.

La nécessité pour l’Afrique de gérer la question de la migration à l’échelle continentale a été soulevée durant les travaux du sommet et l’idée a été accueillie favorablement par les maires et les collectivités locales.

Les participants ont convenu qu’en tant que phénomène naturel, la migration est intrinsèquement liée à la problématique des droits humains étant donné que les individus se déplacent pour trouver un emploi et avoir de meilleures conditions d’existences pour eux-mêmes et pour leurs familles.

Selon le Forum de l’Afrique australe sur les migrations représentée au sommet, les questions de la migration sont aggravées par le fait que de nombreuses villes africaines ne disposent pas de programmes efficaces pour accueillir, héberger et gérer le flux de migrants à travers le continent.

L’absence d’un réseau de migration efficace qui aiderait les villes hôtes à faire face aux flux migratoires est une lacune que le réseau panafricaine sur la migration espère pouvoir combler.

Marc Gbaffou, le président du Forum de la diaspora africaine (FAD) a fait savoir que la meilleure façon de changer la situation actuelle concernant la migration est de mettre sur pied par un système de réseautage positif qui change la façon dont ces mouvements de personnes se font.

« Unissons et harmonisons nos efforts. La migration devrait être vue comme une opportunité pour l’émergence du continent » a-t-il suggéré.

« La perception négative que les migrants volent des emplois locaux, commettent des crimes et sont mauvais pour l’économie du pays d’accueil doit changer » a insisté Gbaffou.

«Ce réseau est lancé afin de nous permettre de ne plus nous regarder comme des ennemis » conclut-il.

Brice Monnou, le vice-président du Forum des organisations de solidarité internationale sur les migrations (FORIM) a lancé un appel fort demandant au réseau panafricain sur la migration de se concentrer sur la création d’une Afrique unie à même de résoudre ses propres problèmes au lieu de léguer aux jeunes générations le «cancer de l’exploitation de l’Afrique en particulier ses ressources. »

« Nous continuons à dire que l’Europe ne nous donne pas une chance sur le marché, mais donnons-nous les uns les autres cette chance que nous refuse l’Europe » a plaidé Blessing, un jeune délégué sud-africain.

D’autres ont évoqué le cycle récurrent des Africains quittant leur continent pour étudier à l’étranger et le peu de contrôle sur les autres migrants vers d’autres continents soulignant que l’accent devrait être mis sur l’amélioration de leurs conditions à la maison afin qu’ils puissent rester et développer leurs propres pays.

Selon un délégué en provenance du Burundi, le taux élevé du chômage des jeunes est source de conflits entre ceux qui ont fait leurs études à l’intérieur du pays et ceux qui sont incapables d’achever les leurs à étranger.

Afin de d’accélérer l’intégration continentale, l’ouverture des frontières africaines aux Africains a également été prônée.

Un délégué camerounais arrivé en Afrique du Sud mardi matin a partagé son expérience en disant que pour se rendre au sommet de Johannesburg, il a eu beaucoup de difficultés à obtenir un visa auprès de l’ambassade sud-africaine dans son pays.

« Ils m’ont dit que si je suis Camerounais j’ai besoin d’un visa pour l’Afrique du Sud mais si j’étais citoyen français un visa n’aurait pas été requis, » a-t-il déploré.

« Un Européen est exempté de visa pendant que moi, un Africain doit demander un visa pour aller en Afrique du Sud, un pays africain. J’étais choqué d’entendre cela! » a-t-il ajouté.

Selon un délégué sud-africain, l’intégration régionale doit être un préalable à celle continentale. « Apprenons à ramper avant de marcher » dit-il soulignant l’importance d’une planification minutieuse en vue de rendre l’accès à tous les pays africains une réalité.

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