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Aliou Bah renvoyé en prison : quand l’offense devient une arme de répression politique

Aliou Bah renvoyé en prison : quand l’offense devient une arme de répression politique

La sentence est tombée. Froidement. Brutalement. La cour d’appel de Conakry vient de confirmer la condamnation à deux ans de prison ferme d’Aliou Bah, leader du parti MoDeL, pour « offense et diffamation » contre le chef de l’État. Le verdict a été lu par la juge Hadja Fatou Bangoura. La justice a tranché. Mais la question demeure : a-t-elle jugé au nom du droit… ou au nom du pouvoir ?

Officiellement, il s’agit d’une affaire de mots. D’une déclaration. D’une critique de trop. Dans un pays démocratique, ce serait un débat. En Guinée, c’est un délit. Et pas n’importe lequel : l’offense au chef suprême, devenu intouchable, sacralisé par le code pénal.

Aliou Bah n’est pas un criminel. C’est un opposant. Et c’est bien ce statut-là qui lui vaut la prison. Sa condamnation est un signal. Un avertissement. Une mise en garde adressée à tous ceux qui osent encore parler haut. Une piqûre de rappel : en Guinée, penser autrement est devenu dangereux. Dire ce que tout le monde pense, suicidaire.

Cette décision, derrière son vernis juridique, pue la vengeance politique. Elle rappelle les pires heures du silence imposé. Elle fait de la justice un outil de répression, pas de protection. Une fois encore, l’appareil judiciaire se plie. Il ne sert pas la République, il sert ceux qui l’accaparent.

Et dans tout cela, le MoDeL ? Réduit au silence. Son leader enfermé. Ses militants intimidés. Et les citoyens, eux, désabusés. Ils voient bien que la justice ne les protège pas. Elle les menace. Elle ne juge pas en équité. Elle exécute.

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Mais cette condamnation pourrait bien se retourner contre ses auteurs. Car Aliou Bah, dans sa cellule, devient un symbole. Un symbole de résistance, de liberté bâillonnée, de parole condamnée mais jamais effacée.

Le pouvoir pense qu’en enfermant un homme, il éteint une idée. Il se trompe. Aliou Bah n’est pas moins libre en prison que ceux qui se taisent dehors.

Deux ans. C’est long. Mais l’Histoire, elle, a de la mémoire. Et elle se souviendra que sous ce régime, on a jeté un homme en prison… pour avoir parlé.

PAR CONAKRYLEMAG.COM

— conakrylemag

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