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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Nous allons cette semaine parler de démocratie.

Depuis longtemps, en matière de politique (conçue comme la gestion de la cité), tout ou presque a été tenté. Si la formule parfaite n’a pas été trouvée, on s’accorde pour l’instant que la démocratie est le moindre mal. Pour qu’il y ait démocratie, il faut qu’il y ait préalablement des démocrates; sinon c’est une coquille vide qui est servie comme soupe au peuple.

Toutes les difficultés auxquelles l’Afrique se trouve confrontée depuis son virage sec vers l’horizon des démocraties résident dans l’incapacité des acteurs de ce changement à se vêtir eux-mêmes des habits de la démocratie. Qui est en effet démocrate? Celui qui le professe ou celui qui le pratique ?

Le flou du jeu politique s’est trouvé accentué par le fait que, sans transition, des régimes aux antipodes de la démocratie se sont mués en systèmes dits démocratiques avec pour seul effet visible la tenue de consultations électorales. Pour ne pas arranger les choses, des démocrates dans l’âme, perdant patience devant des situations, foulent aux pieds des volontés majoritaires de leur peuple.

Et puis, il y a ceux qui ne croient en réalité à rien d’autre qu’à leurs propres intérêts, la démocratie étant celle qui les satisfait; un point, un trait.
Il y a donc des faux démocrates volontaires, des filous politiques (il ne faut pas avoir peur des mots) qui rivalisent dans la mauvaise foi. Cette masse d’individus est de loin celle qui constitue la gangrène du jeu politique sur le continent africain.

Ils ne font pas ce qu’ils disent et font ce qu’ils ne disent pas. C’est d’eux que les journalistes et observateurs parlent à longueur de journée et que les artistes et leaders d’opinion dénoncent chaque fois qu’ils peuvent s’exprimer. Vu leur résistance au changement et à l’amendement, les chiens aboient donc et leur caravane passe.

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Aux faux démocrates volontaires s’ajoutent les faux démocrates involontaires. Ceux-là sont des hors-jeu, handicapés par l’analphabétisme primaire ou par une myopie politique due à une insuffisance de formation en la matière.

Eh oui! La politique, ça s’apprend aussi; ce n’est pas pour rien qu’il y a la filière Sciences-po. L’analphabétisme, véritable frein au développement tout court, a transformé une frange importante des citoyens en véritable bétail électoral qui ne sait que répondre à des mots d’ordre. Ils faussent le jeu démocratique en se laissant manipuler pour des causes parfois même contre leurs propres intérêts.

On ne peut pas faire de la démocratie avec des analphabètes, à moins que les acteurs politiques fassent l’effort d’adapter leur langage aux réalités locales. Un programme traduit dans une langue du continent sera forcément compréhensible par ses locuteurs. Après tout, c’est en anglais que la démocratie se pratique en Angleterre, en français en France, en italien en Italie…

Quant à la myopie, une volonté d’ancrer la démocratie dans les têtes aurait dû pousser les partis politiques à s’investir dans la formation politique de leurs militants (tout autre chose que l’organisation de clubs de thé). Mieux, si une nation est convaincue de l’importance de la démocratie, elle devrait l’inclure dans les programmes d’enseignement (on a vu des régimes enseigner leur idéologie dans les écoles et partout).

Un endoctrinement en démocratie ne ferait plus de mal à personne puisque tout le monde s’accorde à penser que c’est le meilleur système qui soit. Pour ne pas fausser le jeu politique, il faudra, en effet, si cela est nécessaire, former (voire fabriquer) des démocrates, qu’importe le temps qu’il faudra.

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C’est un travail d’autant plus impérieux que la jeunesse, désabusée par les mauvaises pratiques des apprentis démocrates, affiche un peu partout sur le continent un air sceptique.

Au-delà des textes et des institutions, le jeu démocratique a besoin de joueurs. Et de bons !

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