Aujourd’hui, je ne suis pas content.
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Aujourd’hui, je ne suis pas content.

Alors là, pas du tout ! Jamais je ne me suis senti aussi désemparé, amer et déçu de mes semblables. Dans le vieux fauteuil du café où je me suis affalé depuis plus d’une demi-heure, un verre vide dans la main gauche, je n’arrive pas à m’expliquer quelle mouche a bien pu piquer l’enfoiré de logeur chez qui je loue ma maison depuis 5 ans maintenant. Le zig n’a pas trouvé mieux à faire que d’augmenter le prix de la baraque où je gis.

Il ne manquait plus que ça, dans ce pays où la flambée du prix de l’essence a réduit ma voiture à une consommation minimale; je ne sais comment qualifier la cupidité de ce «marchand de sommeil» pour qui j’ai appris à avoir beaucoup du mépris depuis que nous avons appris à cohabiter.

J’aurais dû lui faire signer un contrat à durée indéterminée pour éviter qu’il me piège au moment où je n’ai ni les moyens d’honorer son augmentation de loyer, ni de déménager autrement qu’en m’endettant encore une fois. Il m’a vraiment poignardé dans le dos. 


Lorsque j’ai emménagé dans sa foutue maison, elle ne ressemblait à rien d’autre qu’à une porcherie. J’ai sacrifié plusieurs hectolitres de café pour y faire la peinture à chaque fin d’année. Je n’étais peut-être pas le plus réglo des locataires de Conakry, mais avec ce type, j’ai fait des efforts parfois surhumains pour me priver de mon breuvage préféré pour que lui, il ne sente pas les affres de la faim et de la soif.

Mais tout cela semble avoir été vain à ses yeux. Rien qu’en me rappelant la vilaine tête qu’il avait en venant m’annoncer la violente nouvelle, j’ai envie d’aller le cogner une bonne fois et de venir l’ensevelir dans les ruines de sa baraque.


Sa chance, c’est que je suis profondément non-violent. Hélas, des sangsues comme lui, il y en a probablement dans toutes les villes du monde. Heureusement pour moi, j’ai trouvé un autre gîte pas très loin de là. Seulement j’ai été obligé d’hypothéquer l’hypothétique salaire du prochain mois que j’espère percevoir à temps pour payer mon nouveau logeur. Il a l’air plus gentil que le cochon qui m’a vidé de chez lui.

Mais sachez que je me méfie désormais de tous ces marchands de sommeil. Avec lui, je prendrai le soin de signer un contrat à durée suffisamment indéterminée pour qu’il ne me foute pas dans la même impasse.

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