Avec Extinction Rebellion, une nouveau type de combat écologiste émerge
Avec Extinction Rebellion, une nouveau type de combat écologiste émerge

Avec Extinction Rebellion, une nouveau type de combat écologiste émerge

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A Paris, ils ont occupé la place du Châtelet, le Pont aux Change puis la rue de Rivoli. A Londres, les alentours de Westminster et même l’aéroport de London City. Et d’autres sites stratégiques ou symboliques dans une soixantaine de villes, de New York à Sydney. En une semaine de “rébellion internationale”, les quelque 100.000 militants d’Extinction Rebellion (XR), mouvement créé au Royaume-Uni il y a à peine un an, ont imposé leur présence sur la scène mondiale du combat écologique. Ils ont également suscité le débat sur l’efficacité et la pérennité d’un nouveau modèle de lutte environnementale. Qu’ils incarnent et partagent avec de nombreux autres mouvements émergents, tels que Youth for climate ou Citoyens pour le climat.

De nouvelles formes d’organisation

Par rapport au modèle associatif traditionnel des ONG, ces mouvements insistent en effet sur leur caractère “ouvert”, permettant à toute personne motivée par leur combat et adhérente à leurs valeurs (parfois définis par des chartes) de les rejoindre librement lors d’événements partagés sur les réseaux sociaux. Ils revendiquent également une “structure la plus horizontale possible”, fondée sur le travail de comités locaux indépendants, de groupes thématiques, ainsi que sur une coordination nationale et internationale purement informelles.

Extinction Rebellion, qui en France compte environ 10.000 militants, va jusqu’à limiter au nombre de trois les interviews aux médias que chacun peut délivrer. Youth for climate, qui n’a pas non plus de porte-parole, tient à considérer même Greta Thunberg, qui l’a pourtant directement inspiré, comme une “militante comme les autres”, qui “fait passer un message mais n’est pas un gourou”, souligne Camille, membre du mouvement.

Une telle horizontalité est une force, explique Emilie de Youth for climate, puisqu’elle met en valeur “à quel points les militants sont nombreux”. Et les protège face au risque d’harcèlement lié à la médiatisation.

“Ne plus se limiter à déléguer responsabilise tout chacun”, souligne par ailleurs Sophia d’Extinction Rebellion.

Cela rend en revanche “la prise de décision parfois difficile”, admet Emilie.  “Mais nous avons toujours le souci de garantir la représentativité et de chercher un consensus le plus légitime possible”, note la jeune femme, pour qui la “discussion, la démocratie et l’ouverture d’esprit” suffisent également à éviter que les plus actifs du mouvement finissent par en prendre le contrôle. “L’organisation en groupes locaux et thématiques” sont aussi des remparts contre ce dernier danger, souligne, plus pragmatique, Sophia.

De l’information scientifique à la désobéissance

Quant aux modes d’actions, ce souci de démocratie et d’horizontalité prend diverses déclinaisons. Le groupe Citoyens pour le climat, né en France après la démission de Hulot, et qui qui compte quelque 200 collectifs en France, met l’accent sur la sensibilisation et l’information, en animant par exemple des kiosques des sciences mais aussi en réalisant des synthèses et traductions “citoyennes” des rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Extinction Rebellion mise en revanche sur la “massification de la désobéissance civile”: un modèle très différent de celui d’ONG comme Greenpeace, capables de mener des actions spectaculaires grâce à de petits groupes d’activistes très formés. Et qui permet à tout le monde de participer, note Sophia.

C’est la non violence qui ouvre le dialogue, et qui permet de faire passer un message”, note Sasha de Extinction Rebellion.

Né des “grèves du climat” des jeunes, et présent à Paris depuis février, Youth for climate, qui compte quelque 2.000 participants en France et 400 à Paris, s’est aussi vite réorienté dans cette direction, explique Camille. Le recours à la non violence doit notamment être inscrit dans sa charte en construction – même si “on débat encore sur la question de la définition de la violence”, affirme-t-il.

Extinction Rebellion organise des formations permettant aux militants de s’informer sur les comportements à tenir et les risques juridiques liés à la désobéissance civile.

“Mais lors des actions, les divers rôles sont adaptés au niveau de formation et d’implication de chacun”, rassure Océane d’Extinction Rebellion.

“Apartisans”

Afin de rassembler largement, ces mouvements revendiquent aussi tous un caractère strictement “apartisan”. Ils affirment donc être composés de sympathisants de partis différents et être financés essentiellement par des dons. Citoyens pour le climat modère sa page Facebook, suivie par plus de 6.300 personnes, afin d’éviter qu’elle soit exploitée pour promouvoir des partis. A la différence de ANV-COP21, Extinction Rebellion tient aussi à mener un “combat non personnalisé” contre un dirigeant spécifique (comme Emmanuel Macron), au profit d’une “approche plus globale et civilisationnelle”, souligne Sasha.

Extinction Rebellion, Youth for climate et Citoyens pour le climat ne s’occupent d’ailleurs pas que de réchauffement, mais de l’ensemble des menaces pour le vivant. La collaboration avec d’autres mouvements est décidée action par action, en fonction de l’existence d’une communauté de valeurs et d’objectifs, et à différents niveaux: les choix nationaux peuvent ne pas correspondre aux réalités et donc aux alliances locales.

Le mal : le capitalisme

Toutefois, “apartisan ne veut pas dire non politisé”, rappelle Aline. Même si cela n’apparaît pas forcément dans les chartes des mouvements afin de ne pas en diminuer le caractère ouvert, “on nomme néanmoins le mal : le capitalisme”, souligne Camille.

“La recherche du profit, qui pousse à consommer, est l’ennemi numéro un de l’environnement”, convient Emilie.

Ce qui a d’ailleurs poussé Sophia à rejoindre Extinction Rebellion, c’est justement que “le problème écologique est relié à l’ensemble des formes de domination et d’exploitation”: ethnique, de classe, patriarcale, raconte la militante.“On n’obtiendra rien sans gêner un modèle économique fondé sur la croissance”, note pour sa part Océane, qui se dit désespérée d’avoir réalisé que, si toutes les entreprises de l’agro-alimentaires où elle a travaillé auparavant n’avaient pas existé, “le monde irait beaucoup mieux”.

Le risque de fragmentations

Cette approche radicale qui préoccupe Bruno Léchevin, délégué général du Pacte Finance Climat – association qui milite auprès des décideurs pour obtenir un traité européen réorientant la finance au profit de la transition énergétique.

“La rue est nécessaire pour créer le rapport de forces”, convient-il. “Mais attention: en face il y a du pouvoir, des gens structurés. Il faut donc maintenir le dialogue malgré les différences entre mouvements et associations si on veut éviter que le momentum actuel ne retombe”, met-il en garde.

“Il faut aussi éviter de créer de nouvelles inégalités et exclusions au nom de la transition”, s’inquiète encore l’ancien président de l’Ademe, qui cite le précédent des Gilets jaunes. Citoyens pour le climat qui admet d’ailleurs être constitué surtout de personne de la classe moyenne supérieure, alors que Extinction Rebellion convient qu’à Paris le mouvement est “plutôt bourgeois”.

Rassembler plus et continuer de mobiliser

Autre défi : en France, entre mars et septembre, le nombre de participants aux marches et aux grèves pour le climat a nettement diminué – à de niveaux différents selon les villes. “L’effet de mode s’est essoufflé”, explique Camille, qui souligne néanmoins aussi la crainte face à la répression policière et aux menaces des établissements scolaires en cas d’absences non justifiées. Mais ce n’est pas la seule raison.

“Les gens sont aussi découragés par des revendications souvent trop lointaines, qui n’encourage pas la réponse politique”, estime Sophia. “Le message était trop flou et les revendications trop hétéroclites”, convient Aline.

Comment aller de l’avant alors? L’amplification des “modes d’action nouveaux et plus efficaces” utilisés par ces mouvements est notamment un élément clé, estiment les militants. Citoyens pour le climat veut ainsi élargir son action de sensibilisation, notamment “dans les quartiers très riches ou très pauvres”, explique Aline, alors qu’Extinction Rebellion se réjouit des quelque 200 personnes qui la rejoignent chaque semaine en France. Mais il faut aussi développer des “revendications plus concrètes”, estime Aline, également convaincue de la nécessité d” “une coopération voire de la convergence des luttes pour changer les choses”.

Quatre revendications

Les exigences affichées sur son site par Extinction Rebellion, réduites à quatre, restent pourtant plutôt abstraites: une communication honnête” sur la “gravité et l’urgence des crises écologiques”; “la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025”; “l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres”; et “la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place”.

Mais “nous ne sommes pas là pour donner des solutions. Nous voulons créer les conditions pour que les citoyens disposent de toutes les informations, et pour qu’ils puissent décider par eux-mêmes”, justifie Océane, qui affirme rester partiellement optimiste: “La peur découlant de la transparence peut paralyser, mais aussi mettre en mouvement”.



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