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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Avouons-le : Dieu le père a gâté la Guinée.

Mais la Guinée reste pauvre en attendant que les puissances occidentales arrêtent de mettre en veilleuse les immenses ressources du pays et permettent enfin leur exploitation.

En vérité, je vous le dis, ce mauvais deal avec l’Occident n’est qu’une partie de la misère du pays. Pas la totalité. Car il y a tout un tas d’abrutis qui rajoutent aux immuables contraintes impérialistes.

En ce moment, il y a, par exemple, un fléau qui empoisonne la vie des Conakrykas. J’ai nommé la bagnole (ça veut dire voiture, tu comprends jamais rien toi). Le Guinéen des villes est comme ça.

Quand il sort la tête de la misère, il n’investit pas dans son pays. Il renvoie directement l’argent chez les Fotès et s’achète une bagnole. Pas une voiture normale. Ça, c’est pour les petits. Mais la plus grosse voiture possible. Et hop! Vroom! Vroom. Et que j’emmerde mon prochain.


Je me suis rendu cette semaine dans un ministère. A l’intérieur du bâtiment, tout est déglingué et dégueulasse. Il y a des os de poulets dans les bacs à fleurs. Les peintures sont lépreuses. Les tables n’ont que trois pieds. Au rez-de-chaussée, le jardin intérieur n’est plus qu’un souvenir. Il y a longtemps que des immondices poussent à la place des végétaux. Aucune balayeuse, aucun planton ne vient jamais faire le ménage dans ce lieu public.

Pourquoi ? N’importe quel sous-ministre vous répondra, la gueule enfarinée que : « Y a pas l’argent ».
Compression de personnel, mon frère. Nous sommes pauvres. ‘’Dis donc, mon copain, tu peux me dépanner de 10.000…, juste pour la journée ? Tu sais, en ce moment, sous-ministre c’est pas ça et puis avec la rentrée…’’.


Seulement, en sortant du ministère, je me suis gouré de porte. Je me suis retrouvé dans l’arrière-cour. Face à moi est apparue une flotte de bagnoles toutes neuves briquées, lavées, étincelantes comme des ongles vernis d’une prostituée. Il y en avait au moins pour trois cent cinquante millions. Assez en tout cas pour transformer ce ministère pourrave en palace. 


Dans la rue, c’est pire. Des guignols paradent désormais avec des bagnoles à 120 millions l’unité. Le prix de 4 écoles ou de 4 dispensaires. Ils sont comme des gamins, avec leurs jouets. Ils n’ont pas honte. Vroom! Vroom! Je suis plus gros que toi; je pisse plus loin; je pollue plus et puis, tut! tut!, bouge de là avant que je ne t’écrase, petit crapeau sur ta moto. Pour moi, tu n’es plus un homme !


Voilà ce qu’il y a dans la tête de ces fières enflures roulantes. Si je gagne au PMU, je vais faire pareil. Surtout, je me garderais bien d’investir mon pognon en Guinée, des fois que ça développe quelque chose.

Non, je vais chercher à acheter plus gros que la plus grosse des Lexus. J’hésite entre un char T44 russe ou un blindé AMX 30 français. Mais diesel, hein. Sinon, je vais dépenser trop en carburant.

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