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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

Ça me ronge les nerfs et ça me donne envie d’aller voir Poclain pour négocier une grue.

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Il y a tellement de déguelasserie partout que je ne sais même pas où poser les pieds sans risquer de me faire ensevelir. Mais hop, hop! je tente d’en sortir. C’est le mauvais pied. A présent, je suis pris dans un slalom comme on le voit sur les aires de ski; comme je ne suis pas un pratiquant, me voilà les quatre fers en l’air, dans une flaque dégoutante.

Je me relève et me nettoie les fesses. Une vive douleur parcourt ma colonne « cathédrale » jusqu’au méridien de mon coccyx. Sachant qu’il n’y a d’antalgique qu’une bonne bière bien onctueuse, je file me changer; propre comme un sou neuf et impliqué fondamentalement dans ma voiture, je mets résolument le cap sur mon bistrot préféré, à pyabounyi, c’est-à-dire là où la mousse est bien tapée et la patronne, tantie Lotie, prompte à faire crédit.

Chemin faisant, j’écoute un vieux tube français, ‘’Patrick mon chéri’’ (tu connais pas t’étais même pas né vas sur google, tape youtube ensuite ‘’Patrick mon chéri’’). Mais brusquement, mon souffle se coupe et je suis obligé de freiner en catastrophe. Là, devant moi, garé en travers de la route, un mastodonte; un de ces monstres mécaniques comme on n’en fait plus depuis l’ère des pétosaures. Aucune balise, aucun feu de position ni de détresse, pas même la moindre feuille morte pour signaler le danger.

J’avais oublié de vous signaler que le soleil était allé se coucher une heure auparavant. Je zieute tout autour et je vois des dockers en train de décharger des marchandises. Probablement de la fraude. Si j’avais un « circulaire », j’aurais vendu la mèche aux douaniers de Toumany Sangaré. Une fois face à face avec ma mousse pour un bouche-à-bouche succulent, j’ai retrouvé mes esprits; je me suis souvenu de toutes les autres fois où j’ai failli me crasher vivant dans la ferraille. Il y a des gens à Conakry auxquels on demanderait volontiers où est-ce qu’ils ont eu leur permis de cogner! Et là, je ne parle même pas des conducteurs de taxis. Eux, ce sont des criminels en puissance. Je ne parle pas non plus des candidats au suicide collectif qui bombent en pleine nuit sans le moindre phare.

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Passe encore que ça bouchonne autour du marché Madina ou devant les écoles. Mais devant un maquis, c’est le comble! Allez voir à certains endroits comment ils sont garés en double file, des deux côtés de la maigre chaussée. Ça me ronge les nerfs et ça me donne envie d’aller voir Poclain pour négocier une grue. Comme les flics de Kabélé sont occupés aux carrefours à se faire du pognon, moi je les suppléerais en ville pour ratatiner la ferraille. Je commencerai devant le carrefour kipé en montant vers la clinique de la compatibilité macabre. Après, je continuerai tout droit à bambéto. Je dégagerai la voie mieux que l’ouragan Nitch.
Pendant que j’étais enfermé dans mes élucubrations, voila un soulard de la pire espèce qui vient arroser le mur contre lequel j’étais adossé pour philosopher. Ils sont tous attardés, ces Conakrykas. Normal donc qu’il y ait plein de saloperie qui dégouline vers la mer. J’imagine pas ce qui adviendrait si, par malheur, quelqu’un charriait son Ebola par là!

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