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Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

C’est chacun sa chance dans la vie, mais faut pas exagérer.

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Un dimanche, vers les neuf plombes, je revenais d’un maquis dans mon quartier où la serveuse Mamy avait gardé ma monnaie la veille au soir, pour ne pas dire au petit matin. Devant moi, deux malabars marchant l’un derrière l’autre, en culottes courtes, torse et pieds nus. En fait, deux ouvriers videurs de puisards. Il n’y a pas de sot métier mais, il faut bien le dire, il y a des métiers qui sentent la puanteur.

Et ce sale boulot consiste à descendre dans un puits perdu pour remonter un caca noirâtre et le… déverser à l’air libre, de préférence sous la fenêtre du voisin, histoire de lui couper l’appétit à vie. Non seulement on pollue tout le voisinage avec les mauvaises odeurs, mais en plus, avec un peu de chance, la pluie distribue cette boue noirâtre à ceux qui ont la chance d’habiter en contrebas. C’est chacun sa chance dans la vie, mais faut pas exagérer.


J’ai donc suivi le duo qui a bifurqué dans un maquis de cara-cara, en face de la ‘’Jetée’’ vers la mer, côté Taouyah. J’ai alors compris qu’ils venaient se désaltérer et désinfecter le gosier. Sans s’être rincés auparavant, ils viennent infecter le maquis. Ils sont cinglés, les gars! La tenancière aussi, d’ailleurs, car comment ose-t-elle servir des tarés pareils qui vont tremper leurs gros doigts souillées dans le verre que même l’eau de javel ne pourra plus récurer?! Je comprends maintenant comment un de mes voisins, client fidèle de ce maquis a chopé le vibrion cholérique.


A force, on dira que c’est l’alcool qui ruine la santé. C’est archi-faux! Foi de buveur de Guiluxe. C’est l’imbécillité qui vous mange le foie, vous troue la panse et vous fait des noeuds coulant de chiasse avec l’intestin grêle. Dans tous les quartiers populeux, c’est pareil; je sais de quoi je cause, vu que c’est là que je crèche. On profite de la nuit, de préférence en temps de pluie comme celle d’hier nuit, sûrement la dernière de la saison, pour vider les puits perdus et diluer la mixture toxique dans les eaux.

En plein centre ville, il y a des rues continuellement inondées comme s’il pleuvait douze mois sur onze. Les services d’hygiène ont du pain sur la planche et les pieds dans la boue. Après la minable pluie d’hier, tout le monde à Conakry a pu constater que la flotte du robinet avait un aspect laiteux. C’est le résultat de l’excès de chlore dans les tuyauteries pour zigouiller les bactéries et autres conneries anaréobies.

Si ça continue, la SEG va être obligée d’ajouter du mercurochrome tellement nos eaux usées sont usées. Moi, ça ne me dérangerait pas, car je vais bientôt me laver à l’eau de javel et me brosser les dents à la bière. Après j’irai voir chez Iblis si j’y suis.

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