La circulation à Conakry est devenue plus vegre
Abdoulaye Sankara
Abdoulaye Sankara

La circulation à Conakry est devenue plus vegre

(pour ne pas dire vegra, c’est du verlan ça veut dire grave, suis fatigué de tout t’apprendre, sais même si tu sais ce que c’est que le verlan) que jamais. On peut même plus dire aux gens d’aller se faire mettre. Pourtant, il y a mille et une occasions de le faire : les queues de poissons, les dépassements en triple file, les refus de priorité, les pots d’échappement mal réglés… Mais maintenant, c’est nouveau, pour une légitime protestation, un abruti peut sortir de son véhicule et vous envoyer une volée de plombs dans les jambes avec son flingue. Comme ça. Aussi facilement que je dis hic.
C’est grave ! C’est véridique ! Cela s’est passé dans notre bonne vieille ville, il y a à peine quinze jours. Bienvenue aux pays où on se tire dessus…


C’est tellement triste ! Cinq siècles d’histoire et de civilisation depuis la fondation de Conakry, cette belle capitale, pour en arriver là, à ce western minable, à ce genre de comportement qui tient plus du réflexe bestial que de la raison humaine.


Ça donne envie de pleurer. Surtout qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Riposter à ce genre d’enfoiré en lui envoyant aussi du plomb dans les pattes ne servirait à rien, à part à déclencher la guerre. On est coincé !
Cela dit, j’ai pris mes précautions. Je suis allé chez le soudeur pour me commander un beau boubou pare-balles en tôle blindée.

Ça protège des enfoirés qui vous tirent dans les guiboles en circulation et des coupeurs qui visent au coeur. Je vais ajouter une paire de crêpes en béton alvéolé pour sécuriser mes pieds.

Les repose-pieds, c’est fini. C’était bon en temps de paix ! Mon boubou en fer me protégera aussi contre les serial killers. Car, même si un gars comme Issa Camara arrive à me couiquer sous mon armure, il aura besoin d’un chalumeau et d’un ouvre-boîtes pour venir me tailler le bangala en pièces.

Le temps qu’il ouvre ma culotte en acier trempé, il se fera repérer.
Reste ma pauvre tête. Un bon casque de moto m’épargnera des coups de matraques des forces de sécurité. Je ferais un petit trou dans mon casque pour y faire passer une pipette et continuer à siffler quelques boissons, le soir, avant de risquer ma peau en rentrant à la maison.

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